Le Bourget
La Première Brique
Détail du projet Le Bourget
Le projet consiste en l’acquisition d’un ensemble immobilier composé d’un atelier et d’un immeuble de 2 lots d’habitation.
L’opération prévoit une restructuration avec transformation de l’atelier en loft, création d’un 3ème lot dans l'immeuble, mise en copropriété et revente à la découpe après travaux.
La commercialisation est déjà engagée avec 2 lots sous promesse, dont un acquéreur au comptant.
Garanties
- Hypothèque de 1er rang
-
Caution personnelle
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⚠️ Analyse réalisée par une IA — pas un conseil en investissement
Cette analyse est fournie à titre pédagogique et informatif. Elle peut comporter des erreurs, des angles morts ou des hypothèses discutables. Un investissement en crowdfunding immobilier expose à un risque de perte en capital, d’illiquidité et de retard de remboursement. Une analyse réellement engageante doit être complétée par vos propres vérifications, voire par l’avis d’un professionnel.
Vue d’ensemble
Le dossier porte sur une opération de marchand de biens à Mouxy, près d’Aix-les-Bains : acquisition d’un ensemble composé d’un atelier et d’un petit immeuble résidentiel, restructuration, création d’un lot supplémentaire, mise en copropriété puis revente à la découpe. Le budget total ressort à 1 081 930 €, pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 1 217 923 € et une marge prévisionnelle de 135 993 €. Deux lots sur quatre sont annoncés sous promesse, dont un acquéreur au comptant.
Mon point de départ : le projet est lisible, techniquement compréhensible et déjà partiellement commercialisé, mais il repose sur une marge assez courte pour une opération de revente à la découpe. Le principal sujet n’est pas tant l’idée du projet que sa résistance à un aléa de prix, de délai ou de coût.
Ce que disent les documents, sans filtre marketing
Les points objectivement favorables sont les suivants :
l’opération est simple à comprendre, le programme est de petite taille, les travaux paraissent plutôt de niveau intermédiaire que lourd, les autorisations d’urbanisme annoncées ont été obtenues et purgées, et la commercialisation n’est pas à zéro puisqu’elle porte déjà sur 50 % du chiffre d’affaires prévisionnel. La sûreté principale prévue est une hypothèque de premier rang sur l’actif financé, complétée par une caution personnelle. Le contrat prévoit aussi un décaissement initial limité à 770 k€, puis des décaissements sur factures, ce qui réduit un peu le risque d’utilisation trop rapide des fonds.
Les points qui méritent davantage d’attention sont tout aussi clairs :
la marge prévisionnelle est modérée, le coût du foncier pèse très lourd dans l’opération, le financement participatif représente plus de 80 % du coût total, et la société de projet est jeune avec peu d’historique publié. Les états financiers fournis montrent une structure encore en phase de démarrage, avec 10 k€ de capital social, 52 963 € de trésorerie, 133 829 € de dettes et un résultat net de -2 500 € sur l’exercice présenté.
Marché local : lecture investisseur
Mouxy bénéficie d’un environnement résidentiel attractif dans l’orbite d’Aix-les-Bains. Les données INSEE montrent une commune peu vacante, très majoritairement occupée en résidence principale, avec une part de propriétaires élevée, ce qui correspond plutôt à un marché résidentiel installé qu’à une zone fragile. En 2022, la vacance n’était que de 3,7 %, la part de résidences principales de 92 %, et la part des ménages propriétaires de 83,6 %.
Sur les valeurs, les estimations de marché consultées situent le prix moyen appartement à Mouxy autour de 4 768 €/m² en mars 2026, avec une fourchette large. Les prix visés par le projet se situent, selon les lots, autour de 3 324 €/m², 3 668 €/m², 3 870 €/m² et 4 514 €/m². Cela place le programme dans une zone globalement compatible avec le marché communal, sans être massivement décoté. Le T2 ressort au haut de la fourchette interne du programme, alors que le T3+ est plus défensif.
Autrement dit : les prix de sortie ne me choquent pas, mais je ne les trouve pas non plus “ultra prudents”. Ils sont vendables si la micro-localisation, l’état fini et la qualité d’exécution sont au rendez-vous. En revanche, en cas de marché moins fluide ou de qualité perçue inférieure aux attentes, la marge peut vite être entamée.
Urbanisme et faisabilité administrative
Le dossier indique que deux déclarations préalables ont été obtenues en décembre 2025, pour la création d’un logement, le changement de destination de l’atelier en loft et la création d’un carport, et qu’elles sont purgées de recours. C’est un vrai point de réduction du risque administratif.
En plus, la commune relève du PLUi Grand Lac, approuvé en 2019 et modifié depuis, ce qui confirme un cadre urbanistique intercommunal structuré. Je n’ai pas vérifié parcelle par parcelle le zonage précis du bien, donc je ne peux pas certifier que toutes les hypothèses d’aménagement futures seraient neutres du point de vue réglementaire ; en revanche, pour le programme décrit dans le dossier, l’étape administrative critique semble déjà largement franchie.
Travaux : difficulté réelle
Le budget travaux annoncé est de 71 710 €, soit seulement 7 % du coût total, avec un aléa de 5 %. Le descriptif parle de VRD, plomberie, électricité, menuiseries, raccordements et compteurs, plus quelques ajustements mineurs. On n’est donc pas sur une réhabilitation lourde avec gros œuvre, surélévation ou dépollution.
Cela réduit le risque technique, mais cela crée aussi une autre question : le budget est-il suffisamment dimensionné ? Quand un atelier est transformé en loft et qu’un immeuble est remis en ordre pour une revente à la découpe, il existe souvent des imprévus de finition, de réseaux, de copropriété ou de conformité. Le budget me paraît cohérent pour des travaux ciblés, mais pas très large. Le coussin d’aléas à 3 415 € est modeste.
Structure financière : le vrai cœur du risque
Le montage prévoit 207 930 € d’apport, soit 19,2 % du coût total, contre 874 000 € de financement participatif, soit 80,8 %. Le ratio LTC ressort à 81 % et le ratio LTV à 72 %. Ce n’est pas aberrant pour du marchand de biens, mais cela signifie que la structure dépend fortement de la bonne exécution du business plan.
Le point un peu moins confortable est le LTA affiché à 105 %. En clair, la dette dépasse le coût d’acquisition pur. Cela peut se défendre parce que le montage intègre frais et structuration, mais pour l’investisseur, cela veut dire que la protection par la valeur du bien n’est pas ultra large au départ. La documentation nuance ce point en expliquant que la couverture hypothécaire passe de 95 % à 108 % avec le premier décaissement limité à 770 k€, ce qui améliore mécaniquement la couverture au démarrage. C’est positif, mais cela ne transforme pas le dossier en actif sur-collatéralisé de façon massive.
Autre sujet : les “autres frais” pèsent 149 673 €, soit 13 % du coût de revient. C’est significatif. Plus cette ligne est élevée, moins l’opération absorbe facilement un aléa.
Garanties et clauses contractuelles
La sûreté principale est une hypothèque légale spéciale et conventionnelle de premier rang sur le bien financé, à laquelle s’ajoute une caution personnelle. Le contrat prévoit aussi que l’apport soit injecté à l’achat parmi les conditions suspensives.
J’ajoute deux clauses intéressantes du contrat. D’abord, l’emprunteur doit fournir une attestation notariée d’achat sous 30 jours après signature, faute de quoi les sommes peuvent devenir exigibles. Ensuite, en l’absence de compromis ou promesse notariale dans les 12 mois, il s’engage à baisser le prix de vente d’au moins 10 %, sauf accord contraire du représentant des investisseurs. Ce sont de bonnes clauses disciplinaires, mais elles n’éliminent pas le risque économique : elles organisent la réaction au problème, elles ne le suppriment pas.
Pré-commercialisation : vrai point fort, mais à nuancer
Deux lots sur quatre sont annoncés sous promesse, pour 610 800 € de chiffre d’affaires, soit 50 % du CA prévisionnel. C’est clairement un élément favorable. L’un des acquéreurs est présenté comme payant comptant, ce qui réduit le risque de refus de financement sur au moins une partie de l’opération.
La réserve importante, c’est la qualité de la preuve. Dans les documents transmis ici, je n’ai pas vu les promesses elles-mêmes ni leur niveau de conditions suspensives. Donc la pré-commercialisation est un bon signal, mais pas un substitut à une preuve documentaire complète. Pour un investisseur exigeant, ce serait un point à creuser.
Robustesse du porteur / de la société de projet
La société de projet a été immatriculée début 2024, avec un capital social de 10 000 €. Sur Pappers, elle apparaît en activité, avec dépôt de comptes 2024 au BODACC, et aucun signal public remonté de procédure collective, contentieux ou sanction au moment de la consultation.
Cela étant, la société reste jeune et sans historique financier richement documenté. D’ailleurs, la fiche d’informations clés indique “NA” pour les états financiers des trois dernières années et “NA” pour les défauts enregistrés sur contrats de crédit au cours des cinq dernières années. Il faut lire ce “NA” avec prudence : ce n’est pas une preuve de solidité, c’est surtout une absence d’historique exploitable dans le document.
J’ai aussi cherché des opérations de crowdfunding antérieures clairement attribuables à ce porteur sur les sources consultées. Je n’en ai pas identifié de façon certaine ; la fiche projet mentionne d’ailleurs zéro offre antérieure menée à terme pour ce projet. Cela ne prouve pas qu’il n’y en a jamais eu ailleurs, mais je n’ai pas trouvé d’historique crowdfunding établi dans les sources ouvertes consultées.
Stress test simple
Base promoteur :
coût total 1 081 930 € ; ventes 1 217 923 € ; marge 135 993 €.
Scénario 1 — baisse des prix de vente de 5 %
La marge tomberait à environ 75,1 k€. Elle reste positive, mais elle est déjà nettement comprimée.
Scénario 2 — baisse des prix de vente de 10 %
La marge tomberait à environ 14,2 k€. Là, on est quasiment au point mort économique.
Scénario 3 — hausse des travaux de 10 %
La marge redescendrait à environ 128,8 k€. Isolément, ce n’est pas dramatique, car le poste travaux est relativement faible.
Scénario 4 — baisse des ventes de 5 % + hausse des travaux de 10 %
La marge tomberait à environ 67,9 k€. Le projet reste en territoire positif, mais avec un coussin bien plus mince.
Scénario 5 — baisse des ventes de 10 % + hausse des travaux de 10 %
La marge résiduelle serait d’environ 7,0 k€. En pratique, un tel scénario laisserait très peu de place pour absorber d’autres aléas, notamment délai, frais additionnels, négociation commerciale ou imprévu technique.
Lecture du stress test : le risque principal n’est pas la dérive des travaux seule ; c’est surtout la sensibilité du business plan à une baisse du prix de sortie.
Notation synthétique
Marché local : ★★★★☆
Commune résidentielle porteuse, faible vacance, bassin attractif. Bon environnement de marché.
Cohérence des prix de sortie : ★★★☆☆
Prix globalement compatibles avec Mouxy, mais pas au point de créer une énorme marge de sécurité commerciale.
Exécution travaux / technique : ★★★☆☆
Complexité modérée, mais budget travaux et aléas pas très larges.
Sécurité juridique / administrative : ★★★★☆
Autorisations obtenues et purgées, clauses contractuelles plutôt encadrantes.
Commercialisation : ★★★★☆
Deux lots déjà réservés, ce qui change sensiblement le profil du risque. Mais les preuves de réservation n’ont pas été vues ici.
Structure financière : ★★☆☆☆
Endettement participatif important dans le coût total, marge modérée, faible capacité d’absorption d’un choc prix.
Robustesse du porteur / historique : ★★☆☆☆
Pas de signal public négatif repéré dans les sources ouvertes consultées, mais société jeune et historique encore limité.
Points forts
Le projet coche plusieurs cases rassurantes : petit programme, logique de revente simple, autorisations sécurisées, pré-commercialisation déjà avancée, hypothèque de premier rang, décaissement initial limité, et localisation résidentielle plutôt liquide.
Points d’attention
Le dossier reste exposé à quatre risques majeurs :
la marge prévisionnelle n’est pas large ; le poids du financement participatif est élevé ; la société de projet a peu de profondeur financière autonome ; et le business plan supporte mal une baisse de prix de sortie. Ce n’est donc pas un dossier “sans histoire” : c’est un dossier où tout se joue sur la discipline d’exécution et la tenue des prix.
Conclusion
À ce stade, j’y vois un projet cohérent mais pas ultra confortable. Il a de vrais atouts opérationnels, surtout la pré-commercialisation et l’avancement administratif, mais il reste financièrement sensible aux aléas commerciaux. Pour un investisseur, le bon réflexe n’est pas de s’arrêter au discours “couverture hypothécaire + deux lots réservés”, mais de regarder surtout la marge réelle après stress, la solidité financière du porteur au-delà de la société de projet, et la qualité exacte des promesses de vente déjà signées.
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