Protéger son épargne

Arnaques au livret bancaire et aux placements : le guide complet

Un livret « garanti » à 8 %, un conseiller charmant, un site impeccable et un numéro d’agrément qui existe vraiment. L’arnaque au placement de 2026 ne ressemble plus à une arnaque : elle imite à la perfection les acteurs régulés, et elle cible d’abord ceux qui viennent de recevoir de l’argent. Voici les mécanismes, la méthode de vérification en cinq minutes, et la marche à suivre si le mal est déjà fait — avec les délais légaux qui conditionnent votre remboursement.
1 351 sites et acteurs ajoutés aux listes noires AMF et ACPR — 2025
500 M€ de préjudice annuel estimé en France Parquet de Paris — estimation annuelle
69 000 € préjudice moyen d’une victime de faux livret ACPR — trois premiers trimestres 2024
29 000 € perte moyenne déclarée, tous types d’arnaques AMF — à fin novembre 2024

L’essentiel, si vous n’avez que deux minutes

Ce dossier est tenu par un site qui mesure le financement participatif depuis 2016 : nous passons nos journées à relever des rendements réels et des taux de défaut réels. C’est précisément ce qui permet de dire, chiffres publics à l’appui, à partir de quel niveau une promesse devient invraisemblable. Dernière revue éditoriale de cette page : juillet 2026.

Le faux livret d’épargne, l’arnaque la plus coûteuse

C’est la fraude qui vide le plus de comptes par victime. Sa force : elle ne demande pas de comprendre un produit compliqué. Elle utilise un mot que tout le monde croit connaître — « livret ».

Le mot « livret » porte en français une promesse implicite : capital garanti, argent disponible, aucun risque. C’est vrai du Livret A, du LDDS, du LEP. C’est ce contrat mental que l’escroc détourne : il conserve le mot, et il y accole un taux qui n’a aucun rapport avec la réalité de l’épargne sans risque.

Le scénario est stable. Vous laissez vos coordonnées sur un comparateur d’épargne ou une publicité sur un réseau social. Un « conseiller » rappelle dans l’heure, aimable, jamais pressant au premier appel. Il envoie une documentation soignée, un contrat, parfois une carte professionnelle. Le premier versement est modeste. Les intérêts apparaissent sur un espace client qui n’existe que pour vous. Rassuré, vous versez davantage. Puis vous demandez un retrait — et tout se referme.

Deux détails trahissent presque systématiquement le montage : le virement vers un compte à l’étranger, souvent au nom d’une société sans rapport avec la marque affichée, et l’insistance à contourner votre banque (« ne dites pas que c’est un placement, ils vont vous en proposer un autre »). Cette phrase-là n’a qu’une raison d’être : empêcher le conseiller bancaire de vous alerter.

Le panorama des arnaques aux placements

Les habillages changent tous les dix-huit mois ; le moteur est toujours le même — un rendement invraisemblable, une relation de confiance construite au téléphone, et un virement sortant.

Faux livrets et faux comptes à terme

Le classique, et le plus coûteux par victime. Taux « garanti » de 5 à 10 %, documentation impeccable, espace client fictif. Cible privilégiée : les personnes ayant récemment vendu un bien ou reçu un héritage.

Crypto-actifs et faux trading

Plateformes de « trading assisté », robots miracles, faux gains affichés en temps réel. Vous voyez votre solde grimper ; il n’existe que dans une base de données. Le retrait déclenche une cascade de « frais » à payer.

Forex et produits dérivés

Le plus ancien terrain de chasse, toujours actif. Effet de levier présenté comme un multiplicateur de gains, jamais comme un multiplicateur de pertes. Ces acteurs alimentent chaque année les listes noires.

Biens divers : or, diamants, vin, conteneurs…

On vous vend un objet réel — ou censé l’être — avec promesse de revente à terme. Or, diamants, grands crus, whisky, cheptel, panneaux solaires, conteneurs maritimes, terres rares. Le bien n’existe souvent pas, et la revente jamais.

Usurpation d’un acteur réellement agréé

La technique la plus efficace aujourd’hui : reprendre le nom, le logo, le numéro d’agrément et jusqu’au numéro SIREN d’une société parfaitement légitime. Le site frauduleux diffère d’une lettre, ou d’une extension.

Deepfakes et clonage vocal

Nouveauté marquante : en 2026, la Banque de France a alerté sur des vidéos truquées mettant en scène son gouverneur et une dirigeante de l’ACPR recommandant un placement. Trente secondes d’enregistrement suffisent à cloner une voix.

Faux conseiller bancaire

Le numéro affiché est celui de votre agence — il est usurpé. L’interlocuteur connaît vos dernières opérations et vous demande de « sécuriser » votre compte. Aucune banque ne demande jamais un code, ni de valider une opération que vous n’avez pas initiée.

Fausses cagnottes et faux appels aux dons

Un drame réel, une collecte ouverte par un inconnu. La générosité est le levier. Vérifiez toujours l’identité de l’organisateur et l’existence d’une source indépendante avant de donner.

Les signaux d’alerte, et les faux signaux rassurants

Le régulateur diffuse une liste de questions à se poser. Nous y ajoutons ce que nous voyons passer : les éléments qui rassurent à tort, et qui sont devenus les meilleurs outils des escrocs.

Ce que la communauté attend de vous

  • Le produit est présenté comme « à haut rendement, sans risque ». Le seul test infaillible : ces deux mots ne coexistent pas.
  • L’offre est « réservée », « confidentielle », « à quelques initiés ». Un placement régulé se vend à tout le monde, publiquement.
  • On vous a contacté sans que vous ayez rien demandé, ou après avoir laissé un e-mail sur un comparateur.
  • Votre interlocuteur est exceptionnellement disponible et chaleureux, s’intéresse à votre vie, à votre famille, à vos projets.
  • On vous presse. Fenêtre qui se ferme, taux qui baisse demain, dernière place dans le fonds.
  • On vous demande de ne pas en parler à votre banque, ou de justifier le virement par un autre motif.
  • Le virement part vers un IBAN étranger, ou vers un bénéficiaire dont le nom ne correspond pas à la marque.
  • On vous demande d’installer un logiciel de prise en main à distance pour « vous accompagner ».
  • Le retrait déclenche des frais imprévus : taxes, commissions de déblocage, caution. Un placement réel ne fait jamais payer pour rendre l’argent.

Ce qui est interdit et sanctionné

  • « Le site est en HTTPS et le cadenas est vert. » Un certificat coûte zéro euro et se pose en cinq minutes. Cela ne dit rien de l’honnêteté de l’éditeur.
  • « La société existe, j’ai vérifié le SIREN. » Les escrocs recopient le SIREN et l’immatriculation d’une vraie société. Le numéro est réel ; il n’appartient pas à votre interlocuteur.
  • « Le nom figure bien au REGAFI. » Piège majeur. Vérifiez le nom et l’adresse exacte du site : une lettre ou une extension de domaine suffit à changer d’entité.
  • « Il y a plein d’avis cinq étoiles. » Les avis se produisent en masse, et les sites d’avis eux-mêmes sont parfois imités.
  • « J’ai déjà retiré une première fois sans problème. » C’est une technique : le premier retirement réussi finance la confiance qui déclenchera le gros versement.
  • « On m’a montré un document de l’AMF. » Les faux courriers d’autorité, avec logo et signature, circulent abondamment. Une autorité ne cautionne jamais un placement en particulier.

Vérifier un acteur en cinq minutes : la méthode

Faites-la avant le premier euro, et refaites-la si l’interlocuteur ou le site change en cours de route. Elle ne coûte que cinq minutes ; c’est le meilleur rendement de cet article.
  1. Cherchez l’acteur sur les listes BLANCHES, pas sur les noires 2 min

    L’ordre compte, et presque tout le monde le prend à l’envers. Une absence des listes noires ne prouve rien ; une absence des registres d’acteurs autorisés est éliminatoire. Selon le produit proposé, consultez le REGAFI (banques, paiement, services d’investissement), l’ORIAS (courtiers et conseillers) ou les listes d’acteurs autorisés de l’AMF (financement participatif, crypto-actifs).

  2. Comparez le nom ET l’adresse du site, caractère par caractère 1 min

    C’est l’étape que les escrocs anticipent : ils vous encouragent à vérifier, parce qu’ils ont emprunté l’identité d’un acteur réel. Le nom trouvé au registre correspond-il exactement à celui de votre interlocuteur ? L’adresse du site officiel, telle qu’inscrite au registre, est-elle exactement celle que vous avez sous les yeux ? Une lettre, un tiret, un « .com » devenu « .co » suffisent.

  3. Passez ensuite sur les listes noires 1 min

    Elles ne servent qu’à confirmer un doute, jamais à lever une inquiétude. L’AMF publie cinq listes distinctes (Forex, options binaires, dérivés sur crypto-actifs, crypto-actifs, biens divers) et l’ACPR les siennes (faux livrets, faux crédits, fausses assurances, usurpations).

  4. Rappelez par un numéro que vous avez trouvé vous-même 1 min

    Jamais celui du courriel ou de l’appel entrant. Reprenez le numéro sur le site officiel identifié à l’étape 2, ou sur un relevé bancaire. Le spoofing permet d’afficher n’importe quel numéro, y compris celui de votre propre agence.

  5. Dans le doute, appelez la plateforme publique d’information gratuit

    Assurance Banque Épargne Info Service, commun à l’AMF, à l’ACPR et à la Banque de France, répond aux particuliers et recense les mises en garde. Poser la question ne coûte rien ; ne pas la poser peut coûter une vie d’épargne.

Les registres des acteurs autorisés
Registre Tenu par Ce qu’il couvre
REGAFI Banque de France / ACPR Tous les établissements autorisés à fournir des services bancaires, de paiement ou d’investissement en France
ORIAS Registre unique des intermédiaires Courtiers, conseillers en investissements financiers, intermédiaires en financement participatif et en assurance
Listes blanches de l’AMF Autorité des marchés financiers Prestataires de services de financement participatif (PSFP) et prestataires sur crypto-actifs autorisés

Ces registres listent les acteurs autorisés. C’est là qu’il faut chercher en premier : une absence y est un signal d’alerte immédiat, alors qu’une absence des listes noires ne prouve strictement rien.

Quel rendement est plausible, et à partir de quand faut-il fuir ?

C’est la question centrale, et c’est celle sur laquelle un site de données peut apporter mieux qu’un avis : des ordres de grandeur relevés sur le marché réel.
Rendement affiché et garantie du capital : le couple impossible
Ce qu’on vous propose Capital garanti ? Comment le lire
Épargne réglementée (Livret A, LDDS, LEP) Oui, garantie de l’État Le taux est fixé par les pouvoirs publics et identique dans toutes les banques. Personne ne peut vous en proposer un meilleur : c’est arithmétiquement impossible.
Livret bancaire ou compte à terme Oui, jusqu’à 100 000 € par établissement Des taux promotionnels existent, sur quelques mois et sur des montants plafonnés. Un taux élevé et durable et garanti n’existe pas.
Financement participatif (prêt, immobilier) Non Des rendements bien supérieurs sont affichés — parce qu’il y a un risque réel de défaut. C’est exactement ce que mesurent nos baromètres, et ce que les escrocs escamotent.
Actions, fonds, SCPI Non La performance est variable, parfois négative. Aucun intermédiaire sérieux ne s’engage sur un rendement futur : c’est même interdit.
« 8 % garantis sur un livret » La promesse est le mensonge Arnaque, sans exception. Ce niveau appartient au monde du risque, et le mot « garanti » au monde sans risque. Les deux ne se rencontrent jamais.

Règle de lecture universelle : plus le rendement annoncé est élevé, plus le risque doit être documenté. Un interlocuteur qui augmente le rendement et diminue le risque dans la même phrase décrit un produit qui n’existe pas.

C’est en connaissant les vrais chiffres qu’on repère les faux. Sur le financement participatif, que nous suivons depuis 2016, tout est public sur ce site : les rendements réellement publiés par les plateformes, mais aussi — et surtout — la part des projets qui tournent mal. Un investisseur qui a lu un baromètre de taux de défaut ne se fait pas vendre du 8 % garanti : il sait ce que le rendement paie.

Les taux de défaut réels

La part des projets en retard, en défaut et en perte, plateforme par plateforme, relevée chaque mois. Le contre-poison des promesses garanties.

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Les rendements réellement publiés

Le classement des plateformes par leur indicateur de rendement — volontairement incomplet, parce que toutes ne le publient plus.

Voir les rendements →

Les plateformes réellement agréées

L’annuaire des plateformes de financement participatif qui opèrent en France, avec leur agrément et leurs coordonnées.

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L’avis de ceux qui y ont mis leur argent

Le forum et les évaluations d’investisseurs réels : le meilleur détecteur de mensonge reste la communauté.

Le forum des investisseurs →

Les listes noires officielles, et comment les utiliser

Nous ne recopions volontairement pas les listes intégrales : elles comptent des milliers d’entrées, s’allongent chaque mois, et seule la version publiée par l’autorité fait foi. Une copie serait périmée le lendemain et vous détournerait de la bonne source.
Les listes noires officielles
Registre Tenu par Ce qu’il couvre
Listes noires de l’AMF Autorité des marchés financiers Cinq listes distinctes : Forex, options binaires, produits dérivés sur crypto-actifs, crypto-actifs, biens divers
Listes noires de l’ACPR Autorité de contrôle prudentiel et de résolution Faux livrets et faux dépôts, faux crédits, fausses assurances, usurpations d’établissements agréés
Assurance Banque Épargne Info Service AMF, ACPR et Banque de France Point d’entrée unique du public : mises en garde, vérification d’un professionnel, signalement

Ces listes recensent les acteurs déjà repérés par les autorités. Elles s’allongent en continu : un site absent de ces listes peut parfaitement être frauduleux — il n’a simplement pas encore été signalé.

La fraude aux placements en chiffres publics
Chiffre Ce qu’il mesure Source Période
1 351 sites et acteurs ajoutés aux listes noires AMF et ACPR 2025
500 M€ de préjudice annuel estimé en France Parquet de Paris estimation annuelle
69 000 € préjudice moyen d’une victime de faux livret ACPR trois premiers trimestres 2024
29 000 € perte moyenne déclarée, tous types d’arnaques AMF à fin novembre 2024
19 000 € préjudice moyen d’une victime de faux crédit ACPR trois premiers trimestres 2024
58 sites ajoutés à la liste noire Forex AMF et ACPR 2025
71 noms ajoutés à la liste des acteurs crypto non autorisés AMF 2025
29 sites ajoutés à la liste des dérivés sur crypto-actifs AMF et ACPR 2025

Chaque ligne porte l’autorité qui publie la donnée et la période couverte : un chiffre dont nous perdons la source est retiré de ce tableau, il n’est jamais actualisé à l’estime. Ces montants sont des moyennes de préjudices déclarés : la fraude non signalée, de l’aveu des autorités, reste très largement supérieure.

Extrait du registre : des noms effectivement blacklistés

Voici un extrait, pour donner à voir à quoi ressemblent concrètement ces inscriptions : des noms de domaine sans histoire, souvent créés quelques semaines avant la campagne, et retirés du web peu après leur signalement — pour renaître sous un autre nom.

  • basup.net Dérivés sur crypto-actifs 18 décembre 2024
  • immediateevista.app Dérivés sur crypto-actifs 18 décembre 2024
  • immediatefolex.com Dérivés sur crypto-actifs 18 décembre 2024
  • mubassa.com Dérivés sur crypto-actifs 18 décembre 2024
  • smartbotfx.com Forex 18 décembre 2024
  • rocteceurope.com Forex 18 décembre 2024
  • avaxmarkets.com Dérivés sur crypto-actifs 3 décembre 2024
  • forceduprofit.com Dérivés sur crypto-actifs 3 décembre 2024
  • swapalrex.com Dérivés sur crypto-actifs 3 décembre 2024
  • xeodis.com Forex 3 décembre 2024
  • vegacapital.pro Forex 3 décembre 2024
  • capitus.net Forex 3 décembre 2024
  • arowinvest.pro Forex 3 décembre 2024
  • mcapitaux.net Forex 3 décembre 2024
  • login.parsev.com (placements verts) Biens divers 3 décembre 2024
  • vaulttrade.org Dérivés sur crypto-actifs 8 novembre 2024
  • repubblicait5.com Dérivés sur crypto-actifs 8 novembre 2024
  • vtmarkets.net Forex 8 novembre 2024
  • main-btc.com Dérivés sur crypto-actifs 24 octobre 2024
  • mypolar-x.com Dérivés sur crypto-actifs 24 octobre 2024
  • pexotera.com Dérivés sur crypto-actifs 24 octobre 2024
  • trademastercfd.com Dérivés sur crypto-actifs 24 octobre 2024
  • tradeopol.com Dérivés sur crypto-actifs 24 octobre 2024
  • kimonsage.io Dérivés sur crypto-actifs 7 octobre 2024
  • gpt-definity.com Dérivés sur crypto-actifs 7 octobre 2024
  • insideinvest.pro Forex 30 septembre 2024
  • capitagains.net Forex 30 septembre 2024
  • interbrokers.pro Forex 30 septembre 2024
  • monplantfraise.fr (produits alimentaires) Biens divers 30 septembre 2024
  • efg-top112.com (placements verts) Biens divers 26 juillet 2024
  • event-topmedia017.com (conteneurs) Biens divers 26 juillet 2024
  • financiereplh.com (vin) Biens divers 26 juillet 2024
  • financieremcm.com (vin) Biens divers 10 juillet 2024
  • sirano-gestion.com (or) Biens divers 4 juillet 2024
  • fondsfiables.fr (or) Biens divers 4 juillet 2024

Vous êtes victime : que faire, dans l’ordre et dans les délais

Les premières heures comptent, et certains droits s’éteignent avec le temps. Suivez cet ordre : chaque étape prépare la suivante.
  1. Coupez le contact et ne versez plus rien immédiat

    Ne répondez plus, ne payez aucun « frais de déblocage », ne laissez personne prendre la main sur votre ordinateur. Conservez tout : échanges, contrats, captures d’écran de l’espace client, relevés, numéros appelants, coordonnées bancaires utilisées. Ces pièces conditionnent tout le reste.

  2. Prévenez votre banque et faites opposition le jour même

    Un virement récent peut parfois être rappelé s’il n’a pas été exécuté ou si les fonds n’ont pas été dispersés. Demandez expressément le rappel du virement et le blocage de tout prélèvement à venir. Faites-le par téléphone puis par écrit.

  3. Contestez formellement les opérations non autorisées au plus tard 13 mois

    Si des opérations ont été passées sans votre consentement (données bancaires détournées, prise en main à distance, usurpation), la loi impose au prestataire de payer de rembourser immédiatement, sauf négligence grave de votre part. Contestez par lettre recommandée avec accusé de réception. Le délai est de 13 mois pour une opération dans l’Union européenne, réduit à 70 jours hors UE.

  4. Déposez plainte sans attendre le remboursement

    Commissariat, gendarmerie, ou par écrit au procureur de la République. Le dépôt de plainte est indépendant de la démarche bancaire, et souvent réclamé par la banque comme par l’assurance. Joignez-y l’ensemble des pièces conservées à l’étape 1.

  5. Signalez aux autorités compétentes en parallèle

    Votre signalement alimente les listes noires et protège les suivants — y compris si vous n’avez rien perdu. ABE Info Service pour les arnaques bancaires et d’épargne, l’AMF pour les placements financiers, SignalConso pour les pratiques commerciales, et PHAROS pour un contenu illicite en ligne.

  6. Si la banque refuse, saisissez un médiateur après 2 mois sans réponse satisfaisante

    Le médiateur de votre banque d’abord, dont les coordonnées figurent sur vos relevés et dans la convention de compte. Pour un litige portant sur un placement financier, le médiateur de l’AMF peut être saisi : la médiation est gratuite et suspend les délais de prescription.

  7. Faites-vous accompagner selon les montants

    Une association de consommateurs agréée peut vous épauler gratuitement. Au-delà de quelques dizaines de milliers d’euros, un avocat spécialisé en droit bancaire est un investissement raisonnable — la jurisprudence sur la responsabilité des banques en matière de fraude évolue vite, et plutôt favorablement.

L’arnaque à l’arnaque : la seconde vague

Trop peu documentée, et pourtant systématique. Une victime d’escroquerie est une cible qualifiée : elle a de l’argent, elle a déjà cédé une fois, et elle est prête à beaucoup pour récupérer sa mise.

Quelques semaines ou quelques mois après la première fraude, un nouvel interlocuteur vous contacte. Il se présente comme un cabinet de recouvrement, un avocat spécialisé, parfois comme un agent d’une autorité de régulation ou d’une administration. Il connaît le montant exact perdu, le nom de la plateforme, la date des virements. Pour cause : les fichiers de victimes se revendent entre escrocs.

La promesse est irrésistible : récupérer les fonds. La demande, elle, est toujours la même — des honoraires à avancer, une « caution », des « frais de dossier », une « taxe de déblocage ». C’est une seconde escroquerie, et elle réussit souvent mieux que la première.

Le réflexe le plus sain, si vous avez déjà été victime : ne traitez plus aucune sollicitation entrante liée à votre dossier. Les démarches utiles — banque, plainte, médiateur, association — sont toutes des démarches que vous initiez.

Questions fréquentes sur les arnaques aux placements

Aller plus loin sur Argent & Salaire

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