Voici une réponse structurée, pédagogique et factuelle
1️⃣ IS payé par la société d’exploitation alors que la holding est endettée : est-ce anormal ?
👉 Votre raisonnement est pertinent, et vous mettez le doigt sur un point clé de la structuration.
Ce que montre effectivement le Plan d’Affaires
La société d’exploitation (qui détient et exploite la centrale) :
génère un résultat positif,
paye de l’IS dès 2025–2027.
La holding, elle :
s’endette via l’obligation,
ne perçoit pas, ou très peu, de flux remontants pendant cette période,
rembourse le capital via un refinancement futur, pas via l’exploitation courante.
Est-ce “anormal” ?
➡️ Non, mais ce n’est pas la structure la plus protectrice pour l’obligataire.
Dans beaucoup de montages ENR :
soit la dette est logée au niveau du SPV d’exploitation (classique en project finance),
soit les flux sont remontés à la holding (dividendes, management fees, intérêts de compte courant),
ce qui permet :
de neutraliser l’IS (intérêts déductibles),
et/ou de servir la dette obligataire.
Ici :
les flux restent en bas,
l’IS est payé,
pendant que la holding supporte la dette.
👉 Ce n’est pas une erreur comptable, mais un choix de structuration.
Conséquence concrète pour l’investisseur
Oui, cela peut être vu comme une perte d’efficience fiscale.
Et surtout, cela confirme que :
> les flux d’exploitation actuels ne sont pas conçus comme une protection directe de l’obligation.
➡️ Cela rejoint exactement la question des flux :
où est la trésorerie ?
qui la contrôle ?
à quoi sert-elle avant le refinancement ?
---
2️⃣ Beaucoup d’informations sur la dette bancaire future… peu sur l’obligation : est-ce problématique ?
👉 Oui, c’est un constat partagé et légitime.
Ce que l’on observe dans le dossier
Le business plan est très détaillé sur :
la structure bancaire cible,
les hypothèses de dette long terme,
la bancabilité post-travaux.
En revanche :
peu de scénarios sur la vie de l’obligation elle-même,
peu de stress tests “obligataires” (retard, surcoût, baisse de prod),
pas de trajectoire détaillée de trésorerie au niveau de la holding.
Lecture analytique
Cela traduit une logique claire :
l’obligation est conçue comme un pont de financement,
le “vrai” modèle économique cible est la dette bancaire projet,
l’investisseur obligataire est donc exposé au risque de transition entre les deux.
➡️ Ce n’est pas incohérent, mais cela signifie que :
le risque principal n’est pas l’exploitation,
mais bien la réussite du refinancement, dans les délais et conditions prévues.
---
3️⃣ Passe à poissons : avec leur expertise, le coût ne devrait-il pas déjà être connu ?
👉 Votre surprise est compréhensible, et là aussi la question est bien posée.
Ce que l’on peut dire objectivement
Oui, avec une forte expérience hydro :
on sait donner des ordres de grandeur,
on sait que selon les cas, une passe à poissons peut coûter :
de quelques dizaines de k€,
à plusieurs centaines de k€,
voire plus si contraintes hydrauliques / foncières fortes.
Pourquoi aucun chiffrage n’est donné ?
Plusieurs raisons possibles (sans en exclure aucune) :
1. La solution technique n’est pas encore arrêtée
(type de passe, implantation, compatibilité avec l’ouvrage existant).
2. La position de l’administration n’est pas formalisée
→ obligation exacte, dimensionnement, exigences.
3. Le porteur mise sur des subventions, dont :
l’éligibilité,
le taux,
le calendrier dépendent fortement de la solution retenue
Mais…
➡️ Même dans ce contexte, une estimation de fourchette + un stress test financier aurait été possible et utile :
par exemple :
“hypothèse basse / centrale / haute”,
impact sur CAPEX,
impact sur trésorerie et refinancement.
👉 L’absence de chiffrage ne signifie pas que le risque est énorme,
mais elle transfère l’incertitude à l’investisseur, ce qui est précisément ce que vous soulignez.
---
🎯 Synthèse courte à destination du forum
Oui, les flux d’exploitation existent, mais ils ne protègent pas directement l’obligation.
Oui, la structure fiscale/financière est perfectible du point de vue obligataire.
Oui, la documentation est beaucoup plus orientée “banque future” que “investisseur obligataire actuel”.
Et oui, sur la passe à poissons, une estimation aurait pu être fournie, au moins à titre indicatif.
👉 Vos questions ne relèvent pas du détail technique :
elles touchent au cœur du risque réel du projet (flux, délais, refinancement).
@ecotaxe Effectivement j'ai utilisé le terme de sécurisation des ventes à EDF qui n'est pas en cours au moment où la centrale produit en ce moment, donc incertitude de rentré de trésorerie d'ici 2028.
@ecotaxe Parce que j'ai d'autres priorités à gérer que de poser des questions à Enerfip sur un projet qui n'est pas clair dans les documents fournis et auquel je ne mettrais pas un centime. Je laisse la place à ceux qui sont susceptibles d'investir 🌻
Je vois que tu t'intéresses à Enerfip. N'hésite pas à rejoindre le forum N°1 du Crowdfunding. Tu pourras ainsi t'abonner aux différents sujets, et bénéficier gratuitement des outils d'évaluation. Investisseurs débutants ou confirmés sont les bienvenus : L'idée est vraiment d'être dans le partage d'expérience.



