MARENNES
STOMEA

Détail du projet MARENNES
Le projet MARENNES est une opération qui consiste à l'achat et à la réalisation de la fin des travaux d'une maison de 550m2. L'objectif étant de finaliser peintures / revêtements sols / façades / terrassement / piscine et paysagisme pour pouvoir ensuite la revendre.
L’émission obligataire structurée par Stomea vient financer la fin des travaux, en complément des 1.200.000€ déjà injectés en fonds propres par le vendeur :
- Opération de type achat-revente avec travaux
- Marennes (69970)
- Montant de la collecte : 555.000€
- Durée cible d'investissement : 12 mois
- Ticket d'entrée : 100€
- Commercialisation : démarrage de la commercialisation une fois la période de travaux terminée soit 4 mois après le lancement de la collecte
- Méthode de remboursement : capital et intérêts in fine
L’opération visée par notre porteur développe un coût de revient prévisionnel de 2 101 121€ et un chiffre d’affaires de 3 000 000€ dégageant ainsi une marge de 898 878€ après financement (chiffrage sur 12 mois)
Garanties
- Hypothèque de 1er rang
- caution personnelle du dirigeant
- ordre irrévocable de paiement notarié
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⚠️ Analyse réalisée par une IA — pas un conseil en investissement
Cette analyse est fournie à titre pédagogique. Elle peut comporter des erreurs, des angles morts ou des interprétations imparfaites. Un investissement en crowdfunding immobilier comporte un risque de perte en capital, de retard de remboursement et d’illiquidité. Cette lecture ne remplace ni vos propres vérifications, ni l’avis d’un professionnel.
Projet Marennes — lecture critique
1) Vue d’ensemble
On est sur une opération de marchand de biens / revente après achèvement, portant sur une villa haut de gamme d’environ 550 m² habitables, avec piscine et grandes terrasses. Le gros œuvre est présenté comme terminé ; il resterait l’aménagement intérieur et les finitions, pour une durée de travaux annoncée de 4 mois. Le financement participatif sert à financer l’acquisition/finalisation et la revente est prévue sur un horizon cible de 12 mois, avec possibilité contractuelle de prorogation de 3 mois.
Le dossier met en avant trois sûretés : hypothèque de 1er rang sur l’actif, ordre irrévocable de paiement notarié sur la revente, et caution personnelle. En revanche, les obligations sont illiquides, non cotées, remboursées in fine, et sans engagement ferme de rachat.
2) Ce que le dossier a de solide
Le point fort principal est la structure de couverture. Les chiffres communiqués indiquent un prix de revient de 2 101 121 € pour un prix de revente visé de 3 000 000 €, soit une marge brute théorique d’environ 29,96 % du chiffre d’affaires et 42,78 % du coût de revient. La dette crowdfunding de 555 000 € représente environ 18,5 % de la valeur de sortie visée et 26,4 % du coût de revient, ce qui est plutôt protecteur sur le papier. Les fonds propres annoncés sont élevés, autour de 1 636 471 €, soit environ 74,7 % des sources de financement si l’on additionne fonds propres et collecte.
Autre point favorable : le dossier indique un permis purgé de recours, et le contrat impose un reporting trimestriel avec photos d’avancement, état des travaux, preuves de commercialisation et documents signés. C’est utile pour le suivi, même si cela ne supprime pas le risque d’exécution.
3) Le vrai sujet de risque : la sortie commerciale
C’est, à mon sens, le point central du dossier.
La commercialisation est indiquée comme “en cours”, sans compromis signé ni réservation ferme mentionnée dans les documents fournis. Le seul élément mis en avant est l’existence d’un intérêt oral d’un acquéreur potentiel. Pour un actif aussi spécifique, cela reste faible comme preuve de sortie. Entre un intérêt oral et un acte authentique, il y a un fossé.
Le prix de sortie visé implique environ 5 455 €/m² habitables. Or, les références générales de marché à Marennes tournent autour de 3 746 €/m² pour les maisons selon SeLoger, avec une fourchette large allant jusqu’à 6 061 €/m². Donc le prix visé n’est pas absurde en valeur absolue pour un bien très premium, mais il se place dans la zone haute du marché communal.
Le problème n’est pas tant le prix au m² que la profondeur du marché. Marennes est une petite commune résidentielle, très majoritairement composée de maisons. L’Insee montre un tissu de logements surtout pavillonnaire, ce qui confirme un marché résidentiel classique plutôt qu’un marché profond du très haut de gamme.
Les annonces visibles sur SeLoger à Marennes montrent beaucoup de maisons dans une zone de prix bien inférieure, souvent entre 390 k€ et 630 k€ pour des surfaces nettement plus petites. Même en segment prestige, une maison contemporaine de 260 m² à Marennes ressort autour de 1,18 M€, et des villas de 300 à 570 m² dans des communes voisines premium apparaissent souvent entre 1,15 M€ et 2,10 M€. Cela ne prouve pas que la cible est impossible, mais cela montre que la revente à 3 M€ dépend d’un acheteur rare, dans un sous-marché étroit. C’est typiquement le genre de sortie qui peut prendre plus de temps que prévu, même avec un bien de qualité.
4) Marché local : plutôt favorable pour habiter, plus délicat pour un bien exceptionnel
Le cadre local est cohérent avec une clientèle familiale recherchant de la proximité lyonnaise. Il existe aussi un PLU consultable publiquement, ce qui va dans le sens d’un environnement urbanistique cadré.
Mais pour un investisseur, il faut distinguer marché résidentiel local et marché de sortie du bien concerné. Ici, on ne vend pas une maison “standard” de Marennes : on vend une villa d’exception, très grande, avec un ticket élevé. Ce segment est plus sensible :
- au délai de vente,
- à la qualité perçue des finitions,
- à l’adéquation exacte entre produit, micro-localisation et clientèle solvable,
- et au contexte macro du haut de gamme.
Autrement dit : le marché local “de masse” n’est pas le vrai benchmark. Le vrai benchmark est le marché restreint des biens premium périurbains de l’Est lyonnais. Et ce marché est par nature moins liquide.
5) Travaux et exécution
Le risque travaux est modéré mais non nul.
Le dossier indique que le gros œuvre est terminé et qu’il reste la phase 2, soit aménagement intérieur et finitions. C’est mieux qu’un projet au tout début, car une partie du risque technique lourd semble déjà derrière. Le contrat mentionne aussi un devis d’environ 497 940 € TTC lié à la société de construction, avec compte dédié de décaissement.
En revanche, la phase “second œuvre + finitions” sur une villa premium n’est pas anodine. C’est souvent là que se jouent :
- les dépassements budgétaires,
- les reprises de finitions,
- les ajustements demandés par le marché,
- et les retards qui décalent la mise en vente effective ou la signature finale.
Sur un produit haut de gamme, la qualité perçue fait une énorme différence sur le prix final. Une finition moyenne peut coûter bien plus qu’elle ne “fait économiser”.
6) Lecture de l’opérateur et du sponsor
C’est le point qui m’incite à la prudence.
L’émetteur est très récent et le FICI indique N/A pour les états financiers et les principaux ratios annuels. Pappers confirme qu’aucun compte n’est disponible pour cette société, et que son capital a été porté de 100 € à 20 000 € seulement en septembre 2025. En clair : la structure émettrice n’a pas d’historique financier publié permettant d’analyser sa solidité propre.
Le dossier renvoie donc implicitement vers l’environnement du sponsor/groupe de rattachement. Or, les recherches publiques montrent qu’une structure apparentée mise en avant dans l’écosystème du projet fait l’objet d’une liquidation judiciaire ouverte le 21/01/2026, avec une date de cessation des paiements fixée au 21/07/2024. C’est un signal de risque majeur sur la robustesse du sponsor global, même si cela ne signifie pas automatiquement que ce projet précis échouera.
La société de construction mentionnée dans le dossier n’a, elle non plus, aucun compte annuel disponible sur Pappers.
Je n’ai pas trouvé, dans les documents fournis, d’historique chiffré exploitable permettant de juger proprement la performance passée de l’émetteur sur des opérations comparables. Le FICI indique d’ailleurs que le porteur n’a réalisé aucune autre offre.
7) Garanties : bonnes sur le papier, à relativiser dans la pratique
L’hypothèque de 1er rang est un vrai point positif. Avec une dette crowdfunding limitée par rapport à la valeur de sortie visée, la couverture théorique paraît confortable. L’ordre irrévocable de paiement notarié améliore aussi le fléchage du produit de la revente.
Mais il faut garder trois nuances importantes.
D’abord, la garantie vaut surtout si la valeur de réalisation reste suffisante en cas de vente contrainte. Or la valeur de réalisation forcée d’une villa atypique peut être nettement inférieure à la valeur cible.
Ensuite, une caution personnelle n’a de valeur que si le patrimoine du garant est réellement mobilisable, suffisamment liquide et non déjà grevé. Les documents fournis ne permettent pas de mesurer cela.
Enfin, même avec de bonnes sûretés, le temps de recouvrement peut être long. Une “bonne garantie” n’est pas synonyme de remboursement rapide.
8) Durée et risque de dépassement
Le planning semble optimiste mais pas délirant : collecte, acte, environ 4 mois de travaux, puis période de commercialisation/revente. Le vrai risque n’est pas tant le chantier que la synchronisation finitions + mise en marché + vente définitive.
Contractuellement, l’émetteur peut demander une prorogation jusqu’à 3 mois, ce qui porte la durée maximale contractuelle à 15 mois hors éventuelle prolongation de collecte. Cela veut dire qu’un scénario de retard est déjà prévu dans la documentation.
Pour ce type d’actif, le dépassement de durée me paraît plus probable que sur un bien standard, simplement parce que la base d’acheteurs est plus étroite.
9) Ratios utiles
En reprenant strictement les chiffres communiqués :
- LTV sur valeur de sortie visée : ~18,5 %
- LTC sur prix de revient communiqué : ~26,4 %
- Fonds propres / sources totales : ~74,7 %
- Marge brute / CA : ~30,0 %
C’est objectivement une structure de financement qui paraît confortable sur le papier. Le risque ne vient donc pas d’un empilement de dette excessif, mais surtout de la fiabilité de la valeur de sortie et de la solidité de l’écosystème opérateur/sponsor.
10) Stress test simple
Attention : ce stress test repose sur les chiffres marketing/plateforme, avant prise en compte détaillée de tous les frais financiers externes non documentés.
À prix de revient communiqué constant :
- baisse de prix de vente de 5 % → marge brute théorique ~ 748 879 €
- baisse de 10 % → ~ 598 879 €
- baisse de 15 % → ~ 448 879 €
- baisse de 20 % → ~ 298 879 €
Avec une hausse de coûts de 10 % :
- sans baisse du prix de vente → marge brute théorique ~ 688 767 €
- avec baisse de vente de 10 % → ~ 388 767 €
- avec baisse de vente de 15 % → ~ 238 767 €
Lecture : la marge affichée absorbe une partie du choc. Donc le projet n’a pas l’air “ultra-tendu” financièrement. En revanche, sur un bien de prestige, une baisse de prix ne vient souvent pas seule : elle s’accompagne souvent d’un allongement de durée, donc de coûts supplémentaires et d’une tension sur la trésorerie. C’est là que le coussin se réduit vite.
11) Notation synthétique
Localisation / attractivité résidentielle : ★★★★☆
Bonne zone résidentielle péri-lyonnaise, mais marché du très haut de gamme étroit.
Couverture financière / ratios : ★★★★☆
Levée modérée par rapport à la valeur cible et fonds propres élevés annoncés.
Travaux / exécution : ★★★☆☆
Gros œuvre terminé, mais finitions premium encore à exécuter.
Commercialisation / liquidité du bien : ★★☆☆☆
Pas de pré-commercialisation ferme documentée ; seulement un intérêt oral.
Solidité opérateur / sponsor : ★☆☆☆☆
Émetteur sans historique comptable publié et signal judiciaire défavorable dans l’écosystème sponsor.
Qualité des garanties : ★★★★☆
Bon paquet de sûretés, mais leur efficacité réelle dépendra de la valeur de réalisation et du temps de recouvrement.
12) Conclusion
Mon impression globale est la suivante : le montage est séduisant sur les ratios, avec une dette relativement faible par rapport à la valeur cible et des garanties correctes. Mais la réussite dépend surtout de la capacité à vendre vite et bien un actif très spécifique, sur un segment premium peu liquide, avec une pré-commercialisation encore légère. À cela s’ajoute un point d’attention majeur sur la solidité de l’écosystème autour de l’opération.
En résumé, ce n’est pas un dossier que je lirais comme un “simple” financement de finitions. Je le lirais plutôt comme un pari sur une sortie commerciale premium, avec de bonnes protections théoriques, mais un risque d’exécution et de délai non négligeable. L’étape suivante, avant toute décision, serait de demander les pièces les plus importantes : état détaillé des travaux restants, devis signés, preuves de commercialisation, valeur d’expertise indépendante, situation patrimoniale du garant, et explication précise des liens avec le sponsor en difficulté.
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