Crowdfunding Défaut et recouvrement
Taux de retard
Également appelé : retard de remboursement, projets en retard
Définition
Le taux de retard mesure la part des projets dont le remboursement n’est pas intervenu à la date prévue, sans que la créance soit pour autant compromise. C’est l’indicateur le plus précoce d’une dégradation, et celui qui se distingue le plus nettement du taux de défaut.
Le seuil de six mois et ce qu’il signifie
La pratique de place distingue les retards courts, de moins de six mois, et les retards longs, au-delà. La frontière n’a rien d’arbitraire : en dessous de six mois, un décalage s’explique par la mécanique normale d’une opération immobilière — un acte notarié reporté, un chantier livré avec un trimestre de retard, une vente qui se conclut plus lentement que prévu. Au-delà, l’explication technique s’épuise et la question devient économique.
C’est pourquoi la grille d’indicateurs de la place demande de ventiler les retards par tranche de durée plutôt que d’en donner un total. Un portefeuille avec 10 % de retards courts et 2 % de retards longs se porte bien mieux qu’un portefeuille avec 4 % de retards courts et 8 % de retards longs, alors que le second affiche un total plus faible.
Pourquoi suivre le retard séparément du défaut
Parce qu’ils ne racontent pas la même chose et ne se corrigent pas au même rythme. Le retard est un indicateur avancé : il monte avant le défaut, parfois de dix-huit mois. Une plateforme dont le taux de retard s’envole aujourd’hui verra probablement son taux de défaut monter dans deux ans, même si celui-ci paraît encore excellent.
Le défaut, lui, est un indicateur retardé : quand il apparaît, le mal est fait et déjà ancien. Suivre les deux séparément, c’est se donner la possibilité de réagir avant plutôt que de constater après. C’est la raison pour laquelle nos baromètres ne les agrègent jamais.
La limite de l’indicateur
Le retard dépend de la date d’échéance contractuelle. Or une prorogation, en repoussant cette date, fait mécaniquement sortir un dossier du décompte des retards — sans que la situation économique ait changé d’un iota.
Un taux de retard qui baisse alors que les prorogations se multiplient n’est donc pas une bonne nouvelle : c’est un artefact. Lire le taux de retard avec le volume de prorogations est indispensable, et c’est ce que la communauté du forum fait dossier par dossier, là où les statistiques agrégées atteignent leur limite.
Ce qu'il faut retenir
- Le seuil de six mois sépare les décalages techniques des difficultés économiques.
- La ventilation par tranche de durée est plus informative que le total.
- Le retard est un indicateur avancé, le défaut un indicateur retardé : les agréger fait perdre le signal.
- Une prorogation fait sortir un dossier du décompte des retards sans rien changer à sa situation réelle.
Les notions liées
Ces entrées appartiennent au même champ que « Taux de retard » (famille « Défaut et recouvrement »). Les lire ensemble évite le contresens le plus fréquent : prendre un mot pour un autre.
Pour aller plus loin
- Le baromètre des taux de défaut Retards et défauts suivis séparément.
- Le guide des taux de défaut Comment lire les retards sans les confondre avec des pertes.
- Les échanges sur les projets en défaut Le suivi dossier par dossier, là où l’agrégat s’arrête.
- Le réseau social de la communauté Le fil en temps réel de ce que les investisseurs constatent.
Questions fréquentes sur « Taux de retard »
Non. « Taux de retard » décrit un mécanisme général ; sa portée exacte dépend de la rédaction du contrat, du règlement ou de la note d'information de l'opération concernée. Deux acteurs peuvent employer le même terme pour des engagements sensiblement différents. Cette entrée sert à poser les bonnes questions, pas à remplacer la documentation, qui seule fait foi.
Dans nos baromètres, alimentés par les indicateurs publiés par les plateformes elles-mêmes : taux de défaut et de perte, taux et durées, montants financés. Le classement des plateformes les agrège avec les évaluations de la communauté d'investisseurs.
Le 29 juillet 2026. Les entrées du lexique sont révisées à chaque évolution du texte ou de la pratique qu'elles décrivent, et les repères chiffrés qu'elles affichent portent leur propre date d'arrêté, distincte de celle de la définition.
Dans le lexique complet, qui regroupe l'ensemble des entrées par famille — fondamentaux, montage, sûretés, rendement, défaut, réglementation, SCPI, fiscalité et liquidité — avec une recherche par mot-clé.