Transverse Fiscalité
Flat tax (PFU)
Également appelé : PFU, prélèvement forfaitaire unique, flat tax 30, prélèvement forfaitaire
Définition
Le prélèvement forfaitaire unique — souvent appelé flat tax — est le régime d’imposition par défaut des revenus de capitaux mobiliers : intérêts, dividendes, plus-values de cession. Il se compose de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total.
Ce qu’il recouvre exactement
Le prélèvement forfaitaire unique s’applique de plein droit, sans démarche, aux revenus de capitaux mobiliers — dont les intérêts perçus en financement participatif, qu’ils proviennent d’un prêt ou d’une obligation. Le taux global s’établit à 31,4 % pour le millésime 2026, décomposé en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Attention : ce taux global ne s’applique pas aux revenus fonciers, qui suivent le barème progressif et supportent des prélèvements sociaux à 17,2 %. Une SCPI française et un projet de crowdfunding immobilier, bien qu’ils financent tous deux de la pierre, relèvent donc de deux régimes différents.
Le mécanisme en deux temps
Beaucoup d’investisseurs découvrent avec surprise qu’ils ont été prélevés en cours d’année alors que leur impôt n’est calculé qu’après. Le mécanisme est bien en deux temps.
- À la source. Lors du versement des intérêts, la plateforme prélève un acompte d’impôt sur le revenu de 12,8 % et les prélèvements sociaux, et les reverse au Trésor. Vous ne percevez donc que le net.
- À la déclaration. Les montants bruts et les prélèvements déjà opérés sont reportés dans la déclaration. L’impôt définitif est calculé et l’acompte s’impute dessus : s’il excède l’impôt dû, la différence est restituée.
L’acompte n’est donc pas un impôt supplémentaire : c’est une avance. C’est précisément ce que permet d’éviter la dispense, sous conditions de revenu fiscal de référence.
L’option pour le barème progressif
Le contribuable peut renoncer au prélèvement forfaitaire et opter pour l’imposition au barème progressif. Trois caractéristiques doivent être connues avant de le faire.
- L’option est globale. Elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année, pas à une ligne choisie.
- Elle est annuelle. Elle se reconsidère chaque année, sans engagement pour l’avenir.
- Elle ouvre la déductibilité partielle de la contribution sociale généralisée (6,8 %) sur le revenu global de l’année suivante, ainsi que l’abattement applicable aux dividendes.
Arithmétiquement, l’option devient intéressante lorsque la tranche marginale d’imposition est inférieure au taux forfaitaire d’impôt sur le revenu — mais l’effet global dépend de l’ensemble des revenus du foyer. La seule méthode fiable est de simuler les deux hypothèses avant de cocher la case.
Le cas des pertes en capital
Une perte en capital définitivement constatée sur des prêts consentis via une plateforme peut, sous conditions, s’imputer sur les intérêts de même nature perçus la même année, puis se reporter sur les 5 années suivantes.
Ce dispositif suppose que la créance soit devenue définitivement irrécouvrable et obéit à des conditions précises tenant à la nature du prêt. Il atténue l’imposition, il ne compense pas la perte elle-même.
Le chemin d’un intérêt de 1 000 €
Une plateforme verse 1 000 € d’intérêts bruts à un investisseur au cours de l’année.
| Étape | Montant |
|---|---|
| Intérêts bruts | 1 000 € |
| Acompte d’impôt sur le revenu prélevé à la source (12,8 %) | − 128 € |
| Prélèvements sociaux prélevés à la source (18,6 %) | − 186 € |
| Net crédité sur le compte | 686 € |
À la déclaration, les 1 000 € bruts et les 128 € d’acompte sont reportés. Si le contribuable reste au prélèvement forfaitaire, l’impôt dû sur ces intérêts est exactement de 128 € : l’acompte le solde, rien de plus n’est dû. S’il opte pour le barème et que sa tranche marginale est de 11 %, l’impôt dû tombe à 110 € et la différence lui est restituée.
Le taux global de 31,4 % correspond ainsi à ce que l’investisseur supporte réellement, et le net perçu — 686 € — est le seul chiffre à retenir pour comparer ce placement à un autre.
Exemple pédagogique construit pour illustrer le mécanisme. Les montants et les taux sont fictifs : ils ne préjugent d'aucune opération réelle et ne constituent pas une simulation de rendement.
Ce qu'il faut retenir
- 31,4 % au total pour 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
- Il s’applique aux intérêts de crowdfunding, jamais aux revenus fonciers d’une SCPI française.
- Le prélèvement à la source est un acompte, pas l’impôt définitif : il s’impute et peut être restitué.
- L’option pour le barème est globale et annuelle ; elle ouvre la déductibilité partielle de la contribution sociale généralisée.
- Une perte en capital définitive peut s’imputer sur les intérêts de même nature, avec report sur 5 ans.
Les notions liées
Ces entrées appartiennent au même champ que « Flat tax (PFU) » (famille « Fiscalité »). Les lire ensemble évite le contresens le plus fréquent : prendre un mot pour un autre.
Pour aller plus loin
- Déclarer ses revenus de crowdfunding Toutes les cases, leurs combinaisons et le calendrier de la campagne.
- La dispense de prélèvement à la source Éviter l’acompte : conditions, échéance et absence de gain fiscal réel.
- Le baromètre des taux et des durées Les taux bruts, à retraiter de la fiscalité pour comparer.
Questions fréquentes sur « Flat tax (PFU) »
Non, plus depuis 2026. La part d’impôt sur le revenu reste à 12,8 %, mais les prélèvements sociaux sur les produits de placement sont passés à 18,6 %, portant le taux global à 31,4 %. Les revenus fonciers et les plus-values immobilières, eux, restent soumis à 17,2 %. De nombreux contenus en ligne mentionnent encore l’ancien taux global : la référence à utiliser reste la notice de la déclaration en cours.
La réponse dépend de l’ensemble des revenus du foyer, pas des seuls intérêts de crowdfunding. L’option devient arithmétiquement intéressante lorsque la tranche marginale d’imposition est inférieure au taux forfaitaire d’impôt sur le revenu, et elle ouvre par ailleurs la déductibilité partielle de la contribution sociale généralisée. Comme elle est globale et annuelle, la seule méthode fiable consiste à simuler les deux hypothèses avant de valider. Notre guide de déclaration présente cette démarche comme une méthode de test, jamais comme une recommandation.
Non. Ce qui est prélevé à la source au titre de l’impôt sur le revenu est un acompte, qui s’impute sur l’impôt définitivement dû et peut être restitué s’il l’excède. Les prélèvements sociaux, en revanche, sont bien définitifs — sous réserve de la fraction de contribution sociale généralisée déductible en cas d’option pour le barème.
Non. « Flat tax (PFU) » décrit un mécanisme général ; sa portée exacte dépend de la rédaction du contrat, du règlement ou de la note d'information de l'opération concernée. Deux acteurs peuvent employer le même terme pour des engagements sensiblement différents. Cette entrée sert à poser les bonnes questions, pas à remplacer la documentation, qui seule fait foi.
Dans nos baromètres, alimentés par les indicateurs publiés par les plateformes elles-mêmes : taux de défaut et de perte, taux et durées, montants financés. Le classement des plateformes les agrège avec les évaluations de la communauté d'investisseurs.
Le 29 juillet 2026. Les entrées du lexique sont révisées à chaque évolution du texte ou de la pratique qu'elles décrivent, et les repères chiffrés qu'elles affichent portent leur propre date d'arrêté, distincte de celle de la définition.
Dans le lexique complet, qui regroupe l'ensemble des entrées par famille — fondamentaux, montage, sûretés, rendement, défaut, réglementation, SCPI, fiscalité et liquidité — avec une recherche par mot-clé.