(Last Updated On: 5 février 2018)
Interview Nicolas Lesur, fondateur et président d’Unilend
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Après François FROMAGET Co-Fondateur et CEO d’AgriLend c’est à présent au tour de Nicolas Lesur Fondateur et Président d’UNILEND de se prêter au jeu des questions réponses pour nous faire partager sa vision du Crowdfunding et nous en dire un peu plus sur les spécificités d’UNILEND, l’un des pionniers du CrowdLending en France.

A&$ Quand Unilend a-t-il été lancé ? Comment est venue l’idée ?

Nicolas Lesur : Unilend est né en novembre 2013, mais l’idée a germé dès la fin 2011 : à cette époque, le financement participatif était concentré sur les projets associatifs ou culturels, avec des plateformes comme Ulule, KissKissBankBank ou MyMajorCompany. Nous avons souhaité trouver le moyen de l’utiliser pour les PME qui cherchent des financements. Sauf qu’à l’époque, le monopole du crédit était réservé aux banques. Il nous a donc fallu inventer tout le modèle juridique et technique pour opérer dans un cadre légal. Nous avons donc passé de longs mois à peaufiner le modèle pour tenir compte des remarques de l’ACPR et de l’AMF. Ensuite, fin 2014, la réglementation actuelle a été adoptée et d’autres acteurs ont pu se lancer.

A&$ Qu’est-ce qui différencie Unilend des autres plateformes ?

Nicolas Lesur : 'Nous avons créé le marché en France' #CrowdLendingClick to Tweet

Nicolas Lesur : Comme nous avons créé ce marché en France, je pense que nous possédons une expérience unique, à la fois en matière d’historique de données et en capacité technologique. Cette maturité nous permet de combiner plusieurs atouts qui se renforcent l’un l’autre : affiner constamment notre scoring des emprunteurs, améliorer l’interface et l’expérience de prêt de notre communauté de prêteurs, financer de plus en plus vite de plus en plus d’emprunteurs. L’objectif est que chacun y trouve son compte : les emprunteurs se financent vite et bien, les prêteurs bien diversifiés obtiennent un bon rendement.

A&$ Quel bilan tirez-vous de vos premières années ?

Nicolas Lesur :

  1. Nous sommes très heureux de ces quatre premières années d’activité.
  2. Notre communauté compte désormais plus de 42 000 prêteurs dont plus de 14 300 prêteurs actifs.
  3. Ces prêteurs ont déjà financé près de 400 projets le tout avec un rendement net du coût du risque très satisfaisant puisque le taux de rendement moyen annuel des 14 300 prêteurs s’établit à 5,07% net des défauts.
     
  4. Nous avons bâti une plateforme technologique extrêmement robuste qui nous permet de gérer plus de 280 000 prêts en temps réel sur une interface plébiscitée par notre communauté de prêteurs.
  5. Enfin, nous avons mis à profit ces quatre années d’expérience pour enrichir continuellement notre outil de scoring : il nous permet d’obtenir un coût du risque conforme à nos attentes et qui est l’un des plus faibles du marché. Il nous permet aussi de répondre instantanément à plus de mille demandes de financements par mois.

A&$ Quelle est selon vous la taille critique en termes de volume de chiffre d’affaires et de projets qu’il faut atteindre pour qu’une plateforme comme la vôtre devienne rentable ?

Nicolas Lesur : Approximativement autour de 100 millions d’euros de prêts par an. Le tout, bien sûr, sur un seul marché car chaque pays impose une nouvelle base de coûts fixes et d’acquisition d’expérience locale en matière de risque, de distribution mais aussi de s’adapter à une nouvelle réglementation.

A&$ Vous êtes-vous fixé un objectif de délai pour atteindre cette taille critique ? Se fera-t-elle par la consolidation du marché qui a déjà un peu commencé avec le rachat de Finsquare par Lendix mais également avec les rapprochements qui se multiplient entre plateformes de CrowdLending et organismes bancaires ?

Nicolas Lesur : La concentration autour de quelques acteurs est inévitable, en effet. Et elle est déjà en place selon moi. Mais je suis frappé par la variété de stratégies et de modalités de développement de chacun des principaux acteurs. Je ne crois donc pas qu’il y ait un seul schéma de consolidation. En revanche, la collaboration avec les organismes bancaires a déjà commencé pour nous depuis longtemps. C’est un mouvement logique et qui est amené à s’amplifier car nos solutions sont très utiles pour leurs clients.

A&$ Quelles sont actuellement vos priorités en termes de développement ?

Nicolas Lesur : Notre principal enjeu est de trouver suffisamment de projets de qualité pour notre communauté de prêteurs. Nous avons maintenant une bonne idée de la manière de le faire en conciliant l’efficacité commerciale avec la maîtrise des risques.

Nicolas Lesur : Nous avons développé des interfaces qui permettent à nos partenaires de gérer les demandes de financement de leurs clients et de savoir instantanément s'ils sont éligibles à Unilend.Click to Tweet

Nos outils permettent à de plus en plus d’acteurs, même non financiers, de proposer des solutions de financement entièrement numériques. Nous avons développé des interfaces qui permettent à nos partenaires de gérer les demandes de financement de leurs clients et de savoir instantanément s’ils sont éligibles à Unilend. Dans les derniers mois, nous avons ainsi mis en place plusieurs partenariats au niveau national avec des acteurs de premier plan. Notre enjeu cette année est donc de bien les animer pour que cela se traduise par davantage de projets présentés aux prêteurs.
Ensuite, nous entendons continuer à développer le marché du minibon. Il est de plus en plus connu et intéresse des entreprises plus importantes. Pour preuve, fin décembre, nous avons réalisé la toute première émission de minibons pour une entreprise cotée à la Bourse de Paris.

A&$ Vous êtes l’une des rares plateformes à ne pas proposer de taux fixes mais plutôt un système d’enchère. Pourquoi ce choix ? N’est-ce pas pénalisant pour ceux qui n’utilisent pas votre système Autolend et qui doivent constamment surveiller l’enchère pour être sûrs de pouvoir investir sur un projet au meilleur taux ?

Nicolas Lesur : Le principal objectif est de permettre à tout le monde de prêter quels que soient ses moyens et sa vigilance : ce n’est pas le plus gros, ni le premier arrivé qui est servi. Cela permet de faire coexister différents types et différentes tailles de prêteurs sans créer de privilège. Tout le monde a donc sa chance.
Cela correspond aussi à notre philosophie : nous mettons en relation des emprunteurs et des prêteurs et devons faire en sorte que leurs intérêts se rencontrent comme nous le répétons souvent. Nous sommes une “marketplace” donc nous avons deux clients : les emprunteurs et les prêteurs. Permettre aux prêteurs de proposer leur propre taux d’intérêt, c’est leur donner la liberté de choisir mais aussi la responsabilité de ne pas être trop gourmand. De l’autre côté, cela permet aux emprunteurs de choisir les meilleures offres.
Dans ce cadre, Autolend est simplement un moyen, très apprécié d’ailleurs, pour ceux qui le souhaitent de configurer leurs offres de prêt et d’améliorer leur diversification en nombre de projets et en taille de prêts. Chacun est libre de l’utiliser ou non.

Unilend AutoLend

Unilend AutoLend

A&$ Quel pourcentage de vos prêteurs utilise Autolend ?

Nicolas Lesur : 29% des prêteurs actifs.

A&$ Vous affichez actuellement un taux de défaut autour de 8,38% en nombre et de 7,3% en montant fortement impacté par certains projets sur les années 2013-2015. Cela ne crée-t-il pas un véritable contraste entre les taux affichés par les plateformes de CrowdLending (4 à 10% brut) et le véritable taux Net de Fiscalité et Net de défaut qui au final peut dans certains cas se rapprocher d’un rendement type Livret A voir parfois inférieur ? Le taux de défaut actuel n’est-il donc pas trop élevé et vous êtes-vous fixé un objectif de taux de défaut maximum à ne pas dépasser ?

Nicolas Lesur : Comme vous le soulignez, je crois qu’il faut comparer ce qui est comparable. Les deux premières années d’activité d’Unilend, non seulement nous n’avions pas accès à Fiben par exemple, mais les conditions économiques étaient nettement moins favorables en France. En compensation, les taux d’intérêts offerts étaient plus élevés qu’aujourd’hui.
Par ailleurs, ce mode de calcul est très imparfait car il bouge constamment en fonction des nouveaux prêts : il suffit de faire croître un peu le volume de prêts pour faire baisser artificiellement le niveau des défauts. Du coup, non seulement il ne reflète pas la réalité des défauts rapportés à l’investissement mais il peut aussi conduire certains à gonfler plus que de raison le nombre de prêts proposés pour masquer au fur et à mesure le vrai défaut. C’est pour cela que les plateformes se sont entendues pour afficher désormais des indicateurs par millésime. Cela permet de réaliser des comparaisons fines et fiables.

Unilend - Indicateurs de performances

Unilend – Indicateurs de performances

Si l’on observe le millésime 2016, la première génération complète pour tous les acteurs et la dernière génération fiable statistiquement puisque tous les prêts qui la composent ont au moins douze mois d’ancienneté, la situation nous est très favorable puisque le taux de défaut ressort autour de 2% actuellement, ce qui en fait l’un des plus faibles du marché sur notre segment. Et cela donne un rendement annualisé de l’ordre de 6% net du coût du risque.

Comparer simplement le taux de défaut avec le taux d’intérêt n’a que peu de sens car le taux d’intérêt est annuel, pas le taux de défaut : il est donc nettement plus pertinent de parler de coût du risque soit la différence entre le taux d’intérêt brut et le TRI net. N’oublions pas, en effet, que l’indicateur le plus important reste le rendement net des défauts : combien gagne-t-on après avoir supporté le coût du risque ? C’est ce qu’exprime le taux de rendement interne qui traduit le rendement annualisé net des pertes d’un portefeuille de prêts. La moyenne des TRI nets des défauts des prêteurs d’Unilend est supérieure à 5% par an avant impôts. En outre, aucun prêteur correctement diversifié n’affiche de TRI négatif. Donc, pour répondre simplement à votre question, non, le taux de défaut actuel n’est pas trop élevé.

A&$ On voit des plateformes type Prexem et Pretup proposer des fonds de protection. Est-ce une bonne idée selon vous ? Faut-il aller vers plus de protection des prêteurs ?

Nicolas Lesur : Si l’on cherche des produits garantis, il existe de bien meilleurs placements : entre le Livret A et l’assurance vie, la France est championne du monde de l’épargne sans risque. Si l’on cherche du rendement, il faut accepter de prendre des risques, bien sûr calculés. A mes yeux, la meilleure assurance c’est de bien diversifier. Car si l’on y réfléchit bien, assurer un coût du risque coûtera toujours le coût du risque lui-même auquel il faudra ajouter la marge de l’assureur. Au final, je ne suis pas sûr que le prêteur y gagne. De plus, beaucoup d’assurances ont des conditions particulières qui font qu’elles ne s’appliquent que rarement quand c’est nécessaire. Cela peut créer une grande frustration pour les prêteurs.

A&$ La flat tax vient d’entrer en vigueur. Pensez-vous que c’est une bonne mesure pour le développement du secteur ? N’y a-t-il pas un risque de voir les taux baisser puisque les prêteurs seront moins impactés fiscalement ? Y a-t-il d’autres mesures que vous souhaiteriez voir prendre par le nouveau gouvernement ?

Nicolas Lesur : C’est une excellente mesure car elle divise la fiscalité de certains de nos prêteurs par deux et met notre placement à égalité avec les autres. Si cela fait baisser les taux d’intérêts, ce qui reste à démontrer, cela peut aussi attirer davantage d’emprunteurs de qualité.

A&$ Lors de notre dernier baromètre des taux, Unilend (mais également d’autres leaders tels que LENDIX et LENDOSPHERE) affiche des taux dans la moyenne basse. Comment expliquer que les rendements des leaders soient au moins à 1 à 2 points inférieurs aux autres plateformes ? Nous avons malgré tout noté au sein de notre portefeuille UNILEND une augmentation des taux depuis 1 an qui semble liée à un relèvement de vos minimas sur Autolend. Est-ce une manière de faire remonter un peu les taux ?

Nicolas Lesur : Les taux d’intérêt n’ont pas baissé à cause d’Autolend mais parce, d’une part, notre analyse de risque est beaucoup plus précise grâce à l’expérience accumulée, et d’autre part parce que la maturité des prêts a raccourci.
Plus vous maîtrisez correctement le coût du risque, plus vous pouvez affiner le taux d’intérêt acceptable à la fois par les prêteurs et les emprunteurs. Il faut rappeler que comparer des taux d’intérêt seuls est vain si l’on ne met pas en regard le coût du risque et la durée moyenne. Tout comme comparer des taux de défauts seuls est vain si l’on n’intègre pas le taux d’intérêt. Cela marche ensemble : quel taux d’intérêt pour quel niveau de risque ? C’est un tout avec, à la fin, une seule question : combien ai-je réellement gagné ?
Ensuite, la durée moyenne des prêts sur Unilend est passée de 50 à 36 mois. Cela reflète la nature des projets qui sont présentés par les emprunteurs et cela réduit forcément le risque pour les prêteurs puisque l’amortissement est plus rapide. Les prêts proposés par Lendix et Lendosphere que vous évoquez sont réalisés sur des maturités plus longues que les nôtres. Il faut donc engager son argent plus longtemps pour obtenir le même niveau d’intérêt brut.
C’est aussi pour pouvoir se faire une idée précise de ces données que toutes les plateformes ont décidé de publier les mêmes indicateurs de performance, par génération de prêts. L’idée est de pouvoir comparer sur les mêmes bases, en ayant à disposition tous les éléments en temps réel pour apprécier le rendement et le risque, ainsi que leur évolution dans le temps. C’est un exercice de transparence unique qu’aucun autre produit d’épargne ne fait en France.

A&$ Dans l’un de ses articles A&S notait une pénurie de projet due à une augmentation plus forte du nombre de prêteurs que du nombre de projets (certains projets sont clôturés en quelques minutes / secondes). Quel est votre vision sur le sujet ?

Nicolas Lesur : Nous assumons le choix de privilégier la qualité à la quantité. Depuis quatre ans, nous avons divisé le coût du risque par quatre tout en maintenant un niveau intéressant de projets. Nous recevons plus de mille projets par mois mais nous ne proposons que ceux qui satisfont nos critères. Je préfère que notre communauté soit frustrée par manque de projets que par des défauts trop élevés. Après, à nous de travailler à convaincre davantage de projets de bonne qualité de venir emprunter sur Unilend.

A&Unilend a-t-il des ambitions internationales ? Pourra-t-on un jour investir sur des projets à l’étranger ?

Nicolas Lesur : Nous sommes allés très loin en vue d’une ouverture en Italie et en Espagne il y a deux ans. Et finalement, nous avons décidé de ne pas y aller. Le modèle est réplicable mais pas scalable : on ne peut pas utiliser le scoring, le juridique ou les canaux de distribution que nous avons en France. Il faut donc les construire en repartant de zéro dans chaque pays et cela a un coût très élevé. Il nous a semblé plus pertinent économiquement d’amortir nos opérations françaises avec nos activités françaises plutôt que de créer de nouvelles dépenses récurrentes. Au final, nous aurions engagé beaucoup d’investissements pour des marchés encore moins mûrs que la France. Il y a suffisamment à faire en France pour le moment et nous ne voulons pas nous disperser.

A&Certaines plateformes proposent des applications mobiles. Est-ce également prévu chez UNILEND ?

Nicolas Lesur : Nous le ferons sans doute un jour mais l’interface mobile de notre site est très appréciée.

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