(Last Updated On: 15 janvier 2017)
Interview de Jean-Philippe Gontier CEO et Fondateur Les Entreprêteurs
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Interview de Jean-philippe Gontier Les Entrepreteurs

Après Grégoire Wallaert de Tributille et Fabien Michel de Pretup c’est au tour de Jean-Philippe Gontier Fondateur et CEO de la plateforme Les Entreprêters de se prêter au jeu des questions réponses pour nous faire partager sa vision du Crowdlending et nous en dire un peu plus sur les spécificités de Les Entreprêteurs.  

Dans mon objectif de diversification des plateformes de financement participatifs dans lesquels j’investi, j’ai rejoins la plateforme Les Entreprêteurs en juin dernier en investissant sur 1 premier projet me permettant ainsi d’appréhender la plateforme.

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Lors de mon enquête sur le baromètre des taux pratiqués par les différentes plateformes de financement participatif, je n’avais pas pu véritablement évaluer les performances des taux pratiqués par Les Entreprêteurs mais la plateforme semble être sur une fourchette de 7 à 7,5% sur des durées moyennes autour de 36 mois.

Comme à l’habitude, prisse de contact vendredi dernier via le Chat de la plateforme pour demander une Interview de Jean-Philippe Gontier, transmissions des questions et belle réactivité de Jean-Philippe Gontier qui aura l’amabilité de répondre sur son temps de Week-End.

A&$ : Quand Les Entreprêteurs a t’il été lancé ? Comment est venue l’idée ?

Jean-Philippe Gontier : Le lancement est intervenu en avril 2016.
L’idée a germé en début d’année 2015 entre un financier et un spécialiste du digital. Ils sont partis du constat que l’offre était essentiellement financière alors que beaucoup d’entreprises ont besoin d’axes de communication innovants pour se développer et le financement participatif peut en faire partie si la communication digitale est bien travaillée.

A&$ : Les Entreprêteurs s’est lancé sur un marché à la fois très jeune mais dans lequel on trouve déjà de nombreux acteurs. Qu’est-ce qui différencie Les Entreprêteurs des autres plateformes ?

Jean-Philippe Gontier : Clairement l’approche « agence » de financement participatif qui consiste à offrir aux entreprises un axe de communication et de développement fort. Le modèle des Entreprêteurs ne repose pas uniquement sur l’intermédiation financière mais également sur des prestations complémentaires qui sont proposées aux entreprises pour favoriser leur transformation digitale.

A&$ : Quel bilan tirez-vous de vos premières années ?

Jean-Philippe Gontier : Notre bilan d’activité est globalement positif puisque en l’espace de 6 mois d’exercice nous avons déjà rattrapé un certain nombre de plateformes qui étaient lancées depuis plus d’un an et demi tout en restant un pure player du financement participatif, c’est-à-dire sans l’appui de fonds extérieurs qui font du co-investissement, ce qui impacte nécessairement l’analyse que l’on peut avoir en matière de collecte chez les différents acteurs. Nous cherchons toutefois à développer cette logique de co-investissement puisqu’elle semble, à ce jour, être la seule à permettre au secteur du financement participatif de se développer rapidement en France.

A&$ : Quelle est selon vous la taille critique en terme de volume de chiffres d’affaires et de projets qu’il faut atteindre pour qu’une plateforme comme la vôtre devienne rentable ?

Jean-Philippe Gontier : Nous pensons qu’un encours sous gestion de 10 à 15 M€ (environ 500 K€ de CA) est nécessaire pour atteindre l’équilibre sur le marché. Dans notre cas, le seuil de rentabilité devrait se situer aux alentours d’un encours sous gestion de 5 à 10 M€ compte tenu des prestations complémentaires proposées qui sont indépendantes du niveau d’encours sous gestion.

A&$ : Vous êtes-vous fixé un objectif de délai pour atteindre cette taille critique? Se fera t’elle par la consolidation du marché qui a déjà un peu commencé avec le rachat de Finsquare par Lendix ?

Jean-Philippe Gontier : Notre objectif d’atteinte de la taille critique est fixé pour 2018, date à laquelle nous devrions, sur la base des parcours de certains de nos concurrents présents depuis 18 mois sur le marché, atteindre un volume d’affaires suffisant.

La consolidation est une solution, certains l’ont adopté mais avec des résultats mitigés : positifs pour l’élargissement de la base de prêteurs mais négatifs en terme de qualité de crédit. Elle n’est toutefois pas la seule solution, les partenariats institutionnels commencent enfin à se mettre en place. Les banques (en ligne ou traditionnelles) pourraient, par exemple, être tentées de rajouter cette brique digitale pour diversifier leur offre de services. Les fonds d’investissement sont aussi des candidats naturels au rachat de plateformes puisqu’elles peuvent devenir une vitrine de leur savoir-faire pour le grand public compte tenu des tickets d’entrée relativement élevés dans cette industrie.

A&$ : Quelles sont actuellement vos priorités?

Jean-Philippe Gontier : Développer le nombre de partenariats avec les institutionnels, les apporteurs d’affaires et lever des fonds pour accélérer notre développement.

A&$ : La hantise des plateformes de prêt participatif c’est bien évidement les défauts de remboursement… Toutes les plateformes concentrent donc leurs efforts pour sélectionner les meilleurs projets et j’imagine que c’est le cas de Les Entreprêteurs. Faut t’il malgré tout s’y préparer? Les Entreprêteurs sait t’il à l’avance comment il va gérer un tel cas si celui-ci devait malheureusement se produire ?

Jean-Philippe Gontier : Cet effort est un pré-requis et une constante chez les Entreprêteurs. Nous avons aussi l’humilité de penser qu’il est difficile de ne pas être confronté un jour à un défaut de remboursement. En cas de défaut sur l’un de nos prêts, nous avons la possibilité de mobiliser le dépôt de garantie (décrit à la question 8) pour engager, si cela est justifié, des poursuites envers un emprunteur indélicat. Pour ce qui est du recouvrement, nous avons signé un contrat avec un spécialiste du secteur disposant d’une forte renommée en France puisqu’il a de nombreux groupes du CAC 40 parmi ses clients.

A&$ : On voit des plateformes type Prexem proposer des fonds de protection. Est-ce une bonne idée selon vous? Faut t’il aller vers plus de protection des prêteurs? Cela ne se fera t’il pas au détriment des taux d’intérêt?

Jean-Philippe Gontier : Le principe d’un fonds de protection, c’est que tout le monde contribue : les bons payeurs comme les moins bons. Chez les Entreprêteurs, nous avons une autre approche : nous immobilisons un dépôt de garantie correspondant à une échéance de prêt (la dernière en l’occurrence) sur le même principe que le dépôt de garantie en matière de location immobilière dont l’efficacité est à ce jour avérée. L’emprunteur bon payeur récupère son dépôt de garantie sans frais à l’issue de son contrat tandis que le mauvais payeur est automatiquement pénalisé.
D’autres solutions ont été tentées par d’autres acteurs comme l’assurance contre le risque de défaut qui s’est malheureusement avérée inopérante dans de nombreux cas de figure compte tenu des contraintes élevées fixées par les assureurs.
Notre sentiment est qu’il faut conserver un système simple et transparent pour que les investisseurs s’y retrouvent. C’est la raison pour laquelle nous avons opté pour ce dépôt de garantie, qui est une exclusivité sur le marché.

A&$ : Bientôt les élections. Y a t’il une législation à faire évoluer dans le domaine du financement participatif?

Jean-Philippe Gontier : La fiscalité sans aucun doute, en commençant par aligner l’abattement de 40% existant actuellement sur les dividendes d’actions aux intérêts perçus sur des opérations de financement participatif par le prêt rémunéré.

A&$ : Comment arrive t’on à obtenir des taux aussi élevés sur des projets que vous sélectionnez j’imagine avec des critères très strictes dans un contexte où les taux n’ont jamais été aussi bas? Cela semble très paradoxale?

Jean-Philippe Gontier : Au contraire, le financement en quasi fonds propres (ce qui nous faisons par définition puisqu’il n’y a pas de garantie sur le financement) offert par le financement participatif est relativement bon marché par rapport aux montages en actions ou en obligations souvent assortis d’une prime de non conversion. Et cela, sans compter avec l’apport en matière de communication sur les entreprises financées qui bénéficient souvent d’une couverture médiatique forte, notamment sur les réseaux sociaux, leur permettant en quelque sorte de rembourser le surcoût « perçu » par ce mode de financement. Cela, aucune banque, par définition, n’est en mesure de le proposer à ses clients emprunteurs.

A&$ : D’autres choses que vous souhaiteriez partager avec nos lecteurs ?

Jean-Philippe Gontier : Les Entreprêteurs ont innové en étant les premiers à proposer à ses prêteurs des offres de prêt rémunéré bénéficiant en plus de contreparties sur les produits et services des entreprises emprunteuses (réductions sur un whisky haut de gamme, sur un cours de pilotage de voiture de course, commission d’apport d’affaires en cas de mise en relation fructueuse…). Nous sommes persuadés que ces efforts complémentaires consentis par les entreprises emprunteuses sont dans la logique de l’économie collaborative dans laquelle s’inscrit le financement participatif.

A&$ : Merci à vous Jean-Philippe Gontier ! Bon développement à Les Entreprêteurs! On refait le point dans un an?

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