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Dernière modification le : 12 janvier 2017
Interview d'Amaury Blais Lendosphère

Après Valéry Giard de PREXEM c’est à présent au tour d’Amaury Blais de LENDOSPHERE de se prêter au jeu des questions réponses pour nous faire partager sa vision du CrowdLending et nous en dire un peu plus sur les spécificités de LENDOSPHERE.

Une fois n’est pas coutume, jusqu’à présent j’avais interviewé des responsables de plateforme dans lesquelles j’avais eu l’occasion d’investir. Ce n’est pas le cas aujourd’hui n’ayant à ce jour réalisé aucun investissement sur cette plateforme. Mais mes échanges avec Amaury Blais lors de la publication du classement des meilleures plateformes de Crowdfunding m’a donné envie d’en savoir un peu plus sur cet acteur qui a déjà dépassé les 10 Millions de prêts en seulement 2 ans.

Lendix

A&$Quand Lendosphere a-t-elle été lancée ? Comment est venue l’idée ? 

Amaury Blais : Avec mon associée Laure Verhaeghe, nous avons lancé Lendosphere le 10 décembre 2014. Laure a été journaliste pendant six ans pour Valeurs Vertes, le magazine du développement durable. Je suis pour ma part ingénieur et j’ai travaillé comme analyste dans divers établissements bancaires (Natixis, BNP Paribas,…).

Lendosphere est la plateforme de crowdlending dédiée aux projets de développement durable. L’idée est d’intéresser le plus grand nombre aux enjeux et aux projets de la transition énergétique et écologique, dans une logique de transparence et de circuit court de l’épargne. L’objectif est de flécher une épargne citoyenne vers des projets positifs pour l’environnement, tout en offrant des taux d’intérêt compris entre 4% et 8%.

A&$Lendosphere s’est lancé sur un marché à la fois très jeune mais dans lequel on trouve déjà de nombreux acteurs. Qu’est-ce qui différencie Lendosphere des autres plateformes ? 

Amaury Blais : Par rapport aux plateformes généralistes, Lendosphere apporte un supplément de sens grâce au profil des projets mis en ligne, tous inscrits dans la transition énergétique (45 projets d’énergies éolienne et solaire à ce jour). Lendosphere est aussi la seule plateforme à proposer des taux d’intérêt préférentiels pour les riverains des opérations mises en ligne, dans une logique d’implication des territoires dans les projets qu’ils accueillent. Il s’agit de mobiliser une épargne décentralisée pour des énergies de territoire. Par exemple, le développeur EDPR a proposé une opération dont le taux annuel brut de 4% était porté à 5% pour les Bretons et à 7% pour les riverains du parc éolien de Boqueho et de Plouagat (Côtes d’Armor), actuellement en construction. Ainsi, les motivations de nos prêteurs sont triples : le sens des projets, la proximité géographique et la rentabilité des opérations.

A&$Quel bilan tirez-vous de vos premières années ? 

Amaury Blais : En moins de 2 ans, plus de 10,2 millions d’euros ont été prêtés par une communauté de plus de 4.300 inscrits, pour 45 projets d’énergie renouvelable. Ainsi, en France, Lendosphere est la deuxième plateforme de crowdlending au regard du volume prêté en 2016 (Baromètre Crowdlending.fr, janvier à octobre 2016) et la première plateforme si l’on considère les sommes prêtées uniquement par des particuliers. Toutes les collectes mises en ligne sur le site www.lendosphere.com ont été couronnées de succès (objectifs entre 40.000€ et 1,6M€), parfois en moins de 24 heures. Nous sommes très heureux d’avoir pu vérifier que le financement participatif répondait à une attente à la fois des particuliers et des porteurs de projet d’énergie renouvelable. C’est un constat fort : la transition énergétique, quand elle réconcilie économie et écologie au plus près de chacun, intéresse le plus grand nombre !

A&$Quelle est selon vous la taille critique en terme de volume de chiffre d’affaires et de projets qu’il faut atteindre pour qu’une plateforme comme la vôtre devienne rentable ? 

Amaury Blais : Tout dépend de la stratégie de la plateforme, et de sa gestion. Certaines plateformes seront rentables avec de faibles volumes levés, là où d’autres auront besoin de volumes beaucoup plus importants pour atteindre un seuil de rentabilité.

Pour l’instant, Lendosphere s’est financée par les fonds propres apportés par ses deux fondateurs, et par le produit de son activité – là où certaines plateformes ont déjà effectué plusieurs levées de fonds importantes, et se retrouvent donc soumises à devoir atteindre des objectifs très exigeants.

Notre stratégie a l’avantage d’être plus souple et plus prudente, et de s’adapter au marché ; l’autre stratégie présente l’avantage de permettre un développement plus rapide, mais présente le risque de ne pas atteindre les objectifs exorbitants attendus par les actionnaires dont ces plateformes dépendent.

Tant que nous le jugerons encore pertinent, nous conserverons cette stratégie.

A&$Vous êtes-vous fixé un objectif de délai pour atteindre cette taille critique ? 

Amaury Blais : Voir question précédente.

A&$Quelles sont actuellement vos priorités ?

Amaury Blais : Nos priorités sont triples :

  • conforter notre positionnement en France sur le secteur des énergies renouvelables,
  • élargir à d’autres secteurs d’activités (toujours dans le domaine de la transition énergétique et écologique),
  • et développer la gamme des outils de financement que nous pouvons proposer aux porteurs de projet.

A&$La hantise des plateformes de prêt participatif c’est bien évidement les défauts de remboursement… Toutes les plateformes concentrent donc leurs efforts pour sélectionner les meilleurs projets et j’imagine que c’est le cas de Lendosphere. Faut-il malgré tout s’y préparer ? Lendosphere sait-il à l’avance comment il va gérer un tel cas si celui-ci devait malheureusement se produire ?

Amaury Blais : Il existe bien sûr un risque inhérent à tout placement financier dont aucune plateforme ne peut être complètement à l’abri. Lendosphere met en place quelques solutions pour protéger ses prêteurs dans la mesure du possible. Grâce à une sélection rigoureuse des dossiers, les remboursements n’ont fait l’objet d’aucun retard ni de défaut de paiement sur Lendosphere, ce qui reste exceptionnel dans le secteur du crowdlending. Cela est dû à la qualité des projets sélectionnés, présentés par les entreprises les plus solides du secteur des énergies renouvelables (EDF Energies Nouvelles, EDPR, VALOREM, ABO Wind, Boralex, Innovent, etc.). La plupart de nos emprunteurs possèdent des actifs facilement cessibles : les outils de production d’énergie que sont les éoliennes ou les centrales photovoltaïques. La revente de ces actifs en cas de situation financière difficile permet de limiter le risque de faillite de ces entreprises.

A&$On voit des plateformes type Prexem proposer des fonds de protection. Est-ce une bonne idée selon vous ? Faut t’il aller vers plus de protection des prêteurs ? Cela ne se fera t’il pas au détriment des taux d’intérêt ?

Amaury Blais : A ce jour, nous n’avons pas vu sur le marché des fonds d’indemnisation qui nous paraissent adaptés au financement participatif.

N’oublions pas qu’un fonds de protection, c’est des coûts supplémentaires, et c’est donc une rentabilité moindre pour l’investisseur. Assurer à 100% les investisseurs reviendrait à leur proposer des produits rémunérés au taux du livret A, voire moins étant donné les frais de gestion bien supérieurs dans le financement participatif par rapport aux frais de gestion du livret A.

En l’état actuel du nombre de projets et du volume financé, nous préférons miser sur la qualité des dossiers plutôt que sur la mise en place de telles solutions. La meilleure protection des prêteurs reste la diversification de leurs placements, et leur bonne connaissance des risques pris dans leurs investissements. Nous recommandons aux investisseurs de ne pas prendre part au financement d’une société dont ils n’ont pas suffisamment compris le modèle économique. Nous recommandons également une grande prudence quant aux projets présentant des taux d’intérêt trop élevés.

A&$Bientôt les élections. Y a t’il une législation à faire évoluer dans le domaine du financement participatif ?

Amaury Blais : La réglementation du marché du financement participatif a considérablement évolué cette année. Créé par l’ordonnance du 28 avril 2016 et encadré par le décret d’application du 28 octobre, le minibon permet aux porteurs de projet d’emprunter 2,5 millions d’euros (sur 12 mois glissants) via une plateforme ayant le statut de CIP. Par ailleurs, le seuil des prêts pour les plateformes IFP a été relevé à 2.000 euros par prêteur et par projet, et le montant maximum pour une émission obligataire a été relevé à 2,5 millions d’euros par projet. Ces évolutions favorisent la montée en puissance du secteur tout en renforçant la protection des épargnants. Mais pour élargir la communauté des prêteurs en France, le levier le plus efficace serait celui de la fiscalité – ce qui serait cohérent dans la mesure où les prêteurs n’ont pas de garantie sur le capital qu’ils prêtent.

A&$Lors de notre dernier baromètre des taux, Lendosphere n’apparaissait pas dans notre classement du fait que A&S n’avait à ce jour pas investi sur cette plateforme. Néanmoins, les taux d’intérêts semblent dans une fourchette basse (4 à 5%) : Comment expliquer des taux plus bas que sur les autres plateformes de Crowdlending qui sont plus autour de 7 à 8% ?

Amaury Blais : Le taux d’intérêt moyen des plateformes n’est pas un indicateur de performance.

Ce qui nous importe, c’est de proposer des projets présentant un risque que l’on mesure, et que l’on estime suffisamment faible pour être présenté à des investisseurs particuliers. Par ailleurs, il y a très peu de raison qu’un emprunteur présentant un risque faible de ne pas honorer ses dettes ait un intérêt à emprunter à 8%, en plus des rémunérations prises par les plateformes.

Lendosphere reste l’une des seules plateformes à enregistrer aucun défaut ni retard de remboursements.

A&$Dans l’un de ses derniers articles A&S notait une pénurie de projet due à une augmentation plus forte du nombre de prêteurs que du nombre de projets (certains projets sont clôturés en quelques minutes). Quelle est votre vision sur le sujet ? Article : https://argent-et-salaire.com/crowdlending-vers-une-penurie-de-projets/

Amaury Blais : Les campagnes présentées sur Lendosphere atteignent effectivement leurs objectifs de collecte rapidement, parfois moins de 24 heures après leur lancement. L’une des priorités de Lendosphere est de favoriser la proximité géographique entre les prêteurs et les projets mis en ligne : nous proposons aux porteurs de projet de réserver une partie de l’objectif de leurs opérations aux riverains des projets. Par ailleurs, une même entreprise développera de nombreux projets d’énergie renouvelable en France tous les ans, et le recours au financement participatif peut être pertinent pour chacun d’entre eux. Cette « pénurie de projets » n’est donc pas au centre de nos préoccupations.

A&$Lendosphere a-t-elle des ambitions internationales ? Pourra-t-on un jour investir sur des projets à l’étranger ?

Amaury Blais : Recourir au financement participatif pour leurs projets en Afrique est pertinent pour les entreprises françaises. Nous avons à ce jour proposé plusieurs projets situés sur ce continent : la centrale solaire d’Omburu, la première de son genre en Namibie, ainsi que les 3 premières éoliennes du pays, un nano-réseau solaire en Casamance, au Sénégal, et d’autres projets africains, portés par des entreprises françaises, ont été mis en ligne.

Sur ce continent, les enjeux énergétiques et la présence d’entreprises françaises sont tels que nous souhaitons approfondir notre activité sur cet axe : cela permet d’offrir aux particuliers la possibilité d’investir pour des projets qui apportent une réelle amélioration pour les territoires (accès à l’électricité, indépendance énergétique, réduction des émissions de gaz à effet de serre, etc.) tout en bénéficiant de la sécurité d’entreprises implantées en France.

A&$Vous êtes récemment passé du statut d’ « Intermédiaire en financement participatif – IFP » vers un statut de « Conseiller en Investissements Participatifs – CIP ». Pourquoi ce changement ? 

Amaury Blais : Lendosphere a souhaité se conformer au récentes évolutions réglementaires dès leur entrée en vigueur afin de maintenir sa place de pionnière dans le secteur du crowdlending en France. Agréée Conseiller en Investissements Participatifs depuis le 4 novembre, elle fait partie de la première promotion de plateformes pouvant intermédier les minibons. Nous proposerons également des émissions obligataires, outil complémentaire aux minibons.

A&$D’autres choses que vous souhaiteriez partager avec nos lecteurs ?

Amaury Blais : Venez découvrir Lendosphere !

A&$ : Merci à vous Amaury Blais ! Bon développement à LENDOSPHERE ! On refait le point dans un an?

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