Article la théorie du portefeuille appliquée au crowdlending

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Ce sujet a 2 réponses, 1 participant et a été mis à jour par  Le Vigilant du Crowd, il y a 3 semaines et 6 jours.

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
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  • #16174

    Je souhaiterais vous faire part de mon ressenti suite à la lecture de cette étude de Wesharebonds : « la théorie du portefeuille appliquée au crowdlending » ..

    https://blog.wesharebonds.com/la-theorie-du-portefeuille-crowdlending/

    Je commente tout particulièrement la partie qui concerne « l’application au crowdlending »

    Je désapprouve ce que Weshaebonds raconte et je vais vous dire pourquoi.

    1er argument : ils indiquent qu’il vaut mieux avoir un défaut pour 25 projets financés qu’un défaut pour un projet financé !

    Ce n’est que la vérité de la palisse ! Pas besoin de faire maths sup pour le deviner tellement c’est évident !!! Inutile d’écrire une étude longue de 3 pages pour dire ça !

    Ce qui est vraiment contestable : c’est qu’ils n’écrivent pas qu’en prêtant à beaucoup plus de projets, on n’a statistiquement plus de risques de multiplier aussi le nombre de défauts.

    La comparaison 1 défaut pour 1 projet et 1 défaut pour 100 projets n’a donc aucun sens.

    Il faut comparer plutôt la probabilité d’avoir moins d’un défaut pour 10 projets financés et la probabilité d’avoir moins de 10 défauts pour 100 projets financés.

    J’admire leurs beaux graphiques qui laisseraient entendre que plus on diversifie, plus on augmente la rentabilité !!! Ce qui est mathématiquement faux !

    Car on n’a ni plus de probabilités moyennes d’avoir davantage de défauts ni moins !!!

    Tout cela n’est pas juste pour moi.

     

    Ensuite ils oublient de préciser (oubli volontaire ?) qu’aucun économiste prône qu’il faut diversifier sur des centaines ou des milliers de projets…

    En général l’optimum se situerait entre 30 et 50 projets. Car au délà, de 50 projets, on ne pourrait plus dégager suffisamment d’alpha (de surperformance) pour optimiser au mieux son portefeuille…

    Autre argument : le score de la Banque de France donne un niveau de risque :

    Oui c’est vrai. Mais la notation est revue au moins une fois par an et il n’est pas rare surtout pour une petite PME qu’elle change régulièrement.

    Conséquence : pour une PME bien notée en 2018, elle peut être mal notée en 2019 et subir une défaillance en 2019 ou 2020… Il ne faut pas oublier que le prêteur finance les entreprises sur plusieurs années et pas seulement sur une année !!!

     

    Autre chose concernant la note Banque de France que Wesharebonds oublie de dire dans son étude : beaucoup d’entreprises financées sur sa plateforme n’ont pas de note !

     

    Quant à sa phrase : dans le cas d’un portefeuille dans défaut, pour conserver ce rendement…il faudrait cependant réinvestir les montants remboursés dans de nouveaux projets 

    C’est faux si ces nouveaux projets connaissent des défauts !!! Ce n’est pas par ce que les projets qui viennent d’être remboursés sont sans défaut que les nouveaux projets le seront aussi.

    Arrêtons donc de raconter n’importe quoi aux prêteurs !!!

     

    #16182

    Comme je ne me contente pas juste de critiquer tel ou tel argument, je vous propose de vous apporter une étude pertinente et alternative à celle de Wesharebonds.

    Nous allons émettre 2 hypothèses :

    Hypothèse 1 : à terme, le taux de défaut des projets financés par Wesharebonds est de 10 %.

    Cela veut dire que WSB sélectionne bien mieux les projets que la moyenne du secteur qui a presque 20 % de taux de défaut à terme.

    Nous allons faire varier le nombre de projets financés (5-10-20-50-100-200) et nous allons voir à chaque fois quelle est la probabilité d’avoir 0 défaut, ou des défauts inférieurs à 10 %, ou des défauts d’au moins 10 % mais de moins de 20 % et des défauts d’au moins 20 % dans son portefeuille.

    L’hypothèse 1 : 10 % de défauts à terme pour WSB concerne le tableau en haut

    Hypothèse 2 : à terme, le taux de défaut des projets financés par Wesharebonds est de 20 %. Concerne le tableau d’en bas.

     

    Lecture du tableau : si le taux de défaut à terme pour la plateforme (colonne 1) est de 10 % (tableau d’en haut), et que j’ai prêté à 5 projets (ligne 1 du tableau), j’ai 59.02 % de chance de ne pas avoir de défaut dans mon portefeuille, aucune chance d’avoir des défauts de moins de 10 %, aucune chance d’avoir des défauts entre 10 % et moins de 20 %, et 40.98 % de probabilités d’avoir au moins 20 % de défaut dans mon portefeuille (la cata)

    si le taux de défaut à terme pour la plateforme (colonne 1) est de 20 % (tableau d’en bas), et que j’ai prêté à 200 projets (dernière ligne du tableau ), je n’ai quasiment aucune chance  de ne pas  avoir de défaut dans mon portefeuille, quasiment aucune chance d’avoir des défauts de moins de 10 %, 46.88 % de probabilité d’avoir des défauts entre 10 % et moins de 20 %, et 53.12 % de risque d’avoir au moins 20 % de défaut dans mon portefeuille (la cata)

     

    Conclusion : si on vise 0 défaut on a intérêt à prêter à très peu de projets !

    Plus on augmente le nombre de projets financés, moins la probabilité est forte d’avoir 0 défaut.

    Concernant le risque extrême : 20 % de défauts et + dans son portefeuille :

    dans le tableau 1 avec 10 % de taux de défaut à terme pour la plateforme, on réduit la probabilité en prêtant à davantage de projets. Mais passé 50 projets, le risque se réduit moins…

    dans le tableau 2 : on voit qu’avec 20 % de défauts à terme pour la plateforme, on a toujours un risque très élevé en diversifiant…. supérieur à 50 %… Dans ce cas, inutile de prêter dans le crowdlending à moins de vouloir prendre des risques importants et être casse cou…

    Bref : on en déduit qu’il d’abord regarder les taux de défaut à terme avant de se lancer… Si ceux ci sont importants (au moins 10 % à terme), l’investissement n’est pas du tout intéressant et la diversification n’apporte rien.

    Si le taux de défaut à terme est contenu et sous 10 %, la diversification a tout son sens car elle réduit considérablement les risques extrêmes de son portefeuille mais qu’au delà de 50 projets financés, les gains apportés par la diversification sont moindres. Surtout si on estime avoir du talent pour sélectionner ses projets et créer du alpha (surperformance)…

     

     

     

     

     

    #16184

    Graphique sur le site PRETUP :

    Même si le TRI utilisé concerne des prêts en cours (ce qui est un non sens pour moi)  et qu’il est brut de fiscalité, l’intérêt de ce graphique est de montrer qu’à 100 projets financés, les  rendements de chaque portefeuille peuvent s’écarter jusqu’à 2.5 points de la  moyenne  et qu’à 160 projets financés, la diversification n’apporte plus rien du tout…

     

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